• Schweiz verschandeln? Pour un paysage durable

Un signal clair en faveur de la protection de la nature et du paysage

Les résultats de la consultation relative à la révision de la loi sur la protection de la nature et du paysage (LPN) sont désormais connus. Le verdict est clair : plus de la moitié des participants (55%) rejettent l’affaiblissement de la protection du patrimoine naturel.

 

(c) Pixabay

Pour rappel, la Commission de l’environnement, de l’aménagement du territoire et de l’énergie du Conseil des Etats a mis en consultation un avant-projet de révision de la LPN visant à affaiblir de manière substantielle la protection de la nature et du paysage. Les résultats sont tombés : plus de la moitié des prises de position s’opposent aux modifications proposées.

La position des cantons est surprenante : seule la moitié d’entre eux soutiennent la révision, alors que le but vise précisément à leur accorder une plus grande marge de manœuvre pour la construction d’infrastructures dans des lieux protégés. Ce résultat montre l’attachement des cantons à la protection de leur paysage, notamment dans le contexte actuel d’urbanisation effrénée.

Paysage Libre Suisse, qui a pris part activement à la consultation, prend acte avec satisfaction des résultats et salue la sagesse des cantons. La Fédération estime que le projet est politiquement mort et demande son abandon immédiat.

Vers les résultats de la consultation: ici

L’aventure éolienne en Appenzell est terminée

Le gouvernement cantonal d’Appenzell Rhodes-Extérieures (AR) rejette le plan directeur de l’énergie éolienne du canton d’Appenzell Rhodes-Intérieures (AI) et son projet de parc éolien d’Honegg. Paysage Libre Suisse se réjouit que le gouvernement des Rhodes-Extérieures reconnaisse l’importance de la protection du paysage et invite le canton voisin à se passer des grandes éoliennes industrielles.

Christof Sonderegger, (c) Appenzell.ch

La prise de position du Conseil d’Etat du canton d’Appenzell Rhodes-Extérieures indique que les zones de la région d’Appenzell où les conditions de vent sont les plus favorables entrent d’une manière générale en conflit avec la protection du paysage. Plus un site est exposé au vent, plus les éoliennes – qui atteignent 200 mètres de haut – sont visibles. Sans compter que même dans les endroits les plus venteux de Suisse orientale, le rendement ne dépasse guère 20%. Les dommages causés au paysage doivent donc être mis en balance avec les avantages de la production d’électricité renouvelable.

Le gouvernement de Rhodes-Extérieures en arrive à la conclusion que les éoliennes prévues dans la commune d’Oberegg AI (Honegg – Oberfeld) entreraient en conflit de façon disproportionnée avec la protection du paysage. Le canton d’AR parvient à cette conclusion après avoir réalisé une pesée d’intérêts transparente au niveau du plan directeur, comme l’a exigé le Tribunal fédéral en 2016 pour le parc éolien du Schwyberg (1C_346/2014).

En vertu de la loi fédérale sur l’aménagement du territoire, un projet tel qu’un parc éolien doit faire l’objet d’une évaluation complète des intérêts pour pouvoir être inscrit dans le plan directeur. Ce n’est qu’à ce moment-là que le changement d’affectation (zones spéciales éoliennes) et le permis de construire peuvent être demandés. La sécurité juridique est ainsi garantie, car la pesée d’intérêts n’est pas réalisée par un tribunal au terme d’années de litige, mais de manière transparente et dès le début par l’autorité de planification.

Enfin, le gouvernement de Rhodes-Extérieures note à juste titre qu’il existe un potentiel alternatif pour l’utilisation d’énergies renouvelables moins destructrices que l’énergie éolienne, notamment le photovoltaïque et la biomasse, qui ne sont pas suffisamment exploités.

Paysage Libre Suisse attend du canton d’Appenzell Rhodes-Intérieures qu’il renonce au plan directeur de l’énergie éolienne et, partant, au projet de parc éolien d’Honegg. Le canton voisin a déjà procédé à une pesée exemplaire des intérêts.

Communiqué de presse du Canton d’Appenzell: lien

Même subventionnée, l’énergie éolienne n’est guère rentable en Suisse

La coopérative Elektra Birseck EBM a suspendu aujourd’hui le projet de parc éolien de Liesberg BL. Des vents trop faibles et des subventions insuffisantes sont invoquées pour justifier cette décision. EBM concentre désormais ses investissements domestiques dans l’hydraulique et le solaire.

Image: (c) Marc Hatot

La décision d’EBM communiquée ce jour montre clairement que la Suisse n’est pas un pays propice à l’énergie éolienne. Une vitesse de vent de seulement 4,5 m/s à des endroits pourtant exposés de l’Arc jurassien est loin d’être suffisante pour exploiter l’énergie éolienne de manière économique avec de grandes installations industrielles.

L’EBM tablait sur une vitesse moyenne annuelle du vent de 5 m/s, mais les mesures réalisées sur une période de deux ans – et malgré les tempêtes de cet hiver – montrent que les prévisions ont dû être revues à la baisse à raison d’environ 10%.

L’EBM déplore qu’en dépit de l’adoption de la loi sur l’énergie et de l’augmentation significative de la taxe prélevée sur le réseau pour financer la RPC (rétribution à prix coûtant), aucun soutien efficace pour l’utilisation domestique de l’énergie éolienne n’a pu être réalisé. D’abord, la plupart des fonds ont déjà été alloués et sont utilisés pour des projets sur la liste d’attente; ensuite, il n’est pas clair quelle solution de remplacement peut être attendue après l’expiration du système actuel de la RPC en 2022.

Néanmoins, l’EBM a déjà obtenu des succès dans le domaine des énergies renouvelables en investissant dans l’hydraulique et l’énergie solaire, beaucoup plus respectueux de l’environnement. EBM prévoit maintenant de concentrer d’autres activités chez aventron AG. Cette société d’investissement dans l’énergie renouvelable s’engage principalement dans des centrales solaires et hydroélectriques, mais aussi dans des centrales éoliennes en Allemagne, en Norvège, en Italie, en France, et en Espagne.

La décision de l’EBM devrait également inciter d’autres investisseurs à reconsidérer leurs projets en matière d’énergie éolienne en Suisse. Par exemple, le parc éolien de Vechigen, près de la capitale fédérale Berne, n’affiche que des vents faibles de 4,5 m/s en moyenne.

Enfin, l’exemple EBM révèle également que la vitesse minimale de 4,5 m/s prévue dans la conception énergie éolienne de la Confédération est trop faible pour exploiter une installation éolienne industrielle de manière rentable, même avec les subventions massives de la RPC.

communiqué EBM: lien

Sauver le Chasseron et le Creux-du-Van de l’industrialisation éolienne

Un des paysages les plus emblématiques de Suisse est menacé par la construction d’une quarantaine d’éoliennes géantes. Paysage Libre Vaud et plusieurs ONG comme Pro Natura, Helvetia Nostra, la Fondation suisse pour la protection et l’aménagement du paysage et BirdLife, tirent la sonnette d’alarme et lancent une pétition demandant de préserver et de valoriser ce patrimoine exceptionnel qu’est la région entre le Chasseron et le Creux-du-Van. La démarche vise à informer l’opinion publique des dangers qui menacent un des derniers espaces préservés du Jura.


Dans la nécessaire pesée d’intérêts qui doit être faite pour tout projet éolien, le paysage et la biodiversité occupent une place de choix. « Les projets entre le Chasseron et le Creux du Van sont à ce titre les pires de Suisse », déclare Jean-Marc Blanc, secrétaire de Paysage Libre Vaud et responsable du projet. Une partie importante de la région est d’ailleurs protégée. Outre leur impact paysager irréparable, ces projets éoliens impliquent la construction de nombreux kilomètres de routes nouvelles. Si on ne fait rien, la région sera complètement industrialisée et défigurée.

S’y ajoute le rôle que jouent ces icônes paysagères sur le tourisme, les activités sportives et le délassement, qui seraient fortement mis à mal. Les plus de 100’000 personnes qui se déplacent chaque année au Creux-du-Van le font pour admirer un paysage préservé et typique, pas pour tomber sur 40 monstres de ferraille dans une zone industrielle », poursuit Jean-Marc Blanc.

En parallèle à la pétition, un concours de photos permet à toute personne, randonneuse, adepte de mountain bike ou de vol à voile d’illustrer cette région unique comme elle la ressent et de gagner un des douze prix mis en jeu.

Le comité qui parraine la pétition est formé de personnalités aux parcours personnels très variés. Michaël Buffat, Philippe Roch, Jean-François, Cavin ou encore Michel Bühler : tous se retrouvent autour d’une conscience commune de la valeur inestimable de nos paysages et de nos milieux naturels pour les générations futures.

Site du projet et pétition en ligne: lien

Atterrissage brutal au Nufenen

La Confédération et le lobby éolien l’avaient inauguré en grande pompe en pleine campagne de la stratégie énergétique : le parc éolien du lac de Gries à proximité du col du Nufenen en Valais est un véritable désastre. Une étude très sérieuse de J-Bernard Jeanneret prouve que ce projet va nécessairement perdre beaucoup d’argent. Le kilowattheure devrait être vendu à 48 centimes pour couvrir les coûts de production, soit dix fois la valeur actuelle de marché.

Pour ce physicien Dr. Sc. qui a travaillé au CERN, la débâcle était prévisible. J-B. Jeanneret se demande comment le département de Doris Leuthard et en particulier l’Office fédéral de l’énergie OFEN ont pu s’illusionner au point de manifester un enthousiasme et un soutien sans faille pendant plus de cinq ans.

Le promoteur Swisswinds avait déposé sa demande de construire en 2014 en revendiquant une productivité de 13 à 14 GWh/an. Résultat : les chiffres récemment publiés montrent que moins de 8 GWh ont été produits en 2017. Avec un facteur de charge de 9.5%, ce parc éolien est pour ainsi dire le pire de Suisse.

Les conclusions à en tirer sont nombreuses, allant de la faiblesse des ressources en vent en Suisse au marketing politique trompeur du lobby éolien. Mais surtout, cessons de croire les promoteurs qui avancent des chiffres exagérés pour faire passer leurs projets, chiffres que la réalité finit par contredire une fois le projet construit, donc trop tard.

Etude: lien

Massacre à la tronçonneuse, ou comment écarter les obstacles aux éoliennes

Le magazine allemand “Der Spiegel” dévoile dans sa dernière édition le “massacre à la tronçonneuse” perpétré au bénéfice de promoteurs éoliens allemands. Dans plus de 60 cas connus, des inconnus ont abattu des arbres qui abritaient des lieux de reproduction et de nidification, ou ont directement détruit les nids. Les nids se situent tous dans des lieux prévus pour abriter des parcs éoliens. Les experts redoutent qu’il ne s’agisse là que de la pointe de l’iceberg.

Selon la dernière édition du magazine allemande “Der Spiegel”, la destruction systématique de lieux de nidification dans les périmètres de projets éoliens en Allemagne augmente. Les ornithologues de la Fédération allemande de la protection de la nature (NABU) y voient un lien avec la protection légale de la faune ailée. Un projet éolien est bloqué si des lieux de reproduction et de nidification d’espèces protégées y sont observés.

60 cas sont connus à l’heure actuelle à l’échelle du pays, et les auteurs des actes n’ont pas pu être identifiés. Les lieux de reproduction et de nidification de Milans royaux sont tout particulièrement touchés. Certains nids ont été systématiquement détruits en abattant l’arbre qui les abritait. La NABU rapporte qu’une loi du silence de type mafieux règne dans certains Länder.Lire la suite …

Ce n’est pas le vent qui va faire tourner les éoliennes en Suisse

La Banque mondiale et l’Université technique du Danemark viennent de mettre en ligne un nouvel atlas mondial sur l’énergie éolienne. Le «Global Wind Atlas» permet d’identifier dans le monde, les endroits propices à la production d’électricité de source éolienne. La Suisse y apparaît clairement comme un des endroits les moins adaptés pour cette source d’énergie.

La conception énergie éolienne de la Suisse repose sur l’idée que de nombreux emplacements du Jura, des Préalpes ou encore du Plateau seraient idéales à la production d’électricité d’origine éolienne. Le «Global Wind Atlas» qui vient d’être publié sous l’égide de la Banque mondiale et de l’Université technique du Danemark remet clairement les choses à leur place : la Suisse présente à l’échelle européenne parmi les moins bonnes conditions pour le développement de l’énergie éolienne. Hormis les sommets alpins, de toute manière inexploitables pour des raisons techniques et touristiques, aucune région de Suisse ne présente un potentiel intéressant en comparaison avec le reste de l’Europe.

Le « Global Wind Atlas» remet également en cause toute la conception énergie éolienne de la Confédération, qui repose sur l’atlas des vents de la Suisse (wind-data.ch). Entièrement actualisé en 2016, cet atlas fait apparaître des zones à potentiel éolien clairement remises en cause par les données de la Banque mondiale. Les ressources en vent du plateau ne présentent ainsi gère d’intérêt, ce qui est le cas également de plusieurs emplacement retenus dans le Jura. L’atlas de l’Office fédéral de l’énergie, réalisé par Suisse Eole, le lobby des entreprises suisses actives dans l’éolien, relève ainsi plus d’un acte politique que d’un travail scientifique. De récentes mesures réelles de vent sur le Plateau vaudois montrent de manière patente que le modèle de vent du lobby éolien suisse donne des vitesses de vent nettement trop élevées.

Ces récentes données Banque mondiale et l’Université technique du Danemark prouvent une fois de plus que la stratégie énergétique 2050 repose sur des bases largement discutables pour ce qui concerne son volet électrique. Seul un subventionnement massif de l’éolien permet de transformer des vents faibles en affaires commerciales viables. Les 8 à 10 milliards de francs d’investissements, auxquels s’ajoute le subventionnement annuel de près d’un milliard de francs (RPC) nécessaires pour atteindre les seuls objectifs éoliens de la stratégie énergétique s’apparentent ainsi à un gaspillage financier à large échelle.

En savoir plus: factsheet (en allemand)

Coup de force juridique du Conseil fédéral autour de l’intérêt national

Le Conseil fédéral a édicté les très attendues ordonnances qui concrétisent la loi fédérale sur l’énergie votée le 21 mai 2017. Désormais, un « parc éolien » de seulement 4 machines sera considéré comme étant d’« intérêt national ». Loin du bon sens, cette interprétation juridique de la loi est une trahison grave de son esprit et de la volonté populaire.

L’ordonnance sur l’énergie édictée ce jour par le Conseil fédéral fixe à 20 GWh la production annuelle d’un parc éolien pour qu’il puisse être érigé au rang d’intérêt national. Une poignée de 4 éoliennes pourra donc être imposée au nom de l’intérêt national. Ce chiffre représente à peine 1.2 pour mille de la consommation annuelle d’électricité. Mettre en péril les 162 objets classés dans l’inventaire fédéral des paysages (IFP) pour une production aussi ridicule n’a rien à voir avec l’intérêt national.Lire la suite …

Un film de la SRF MySchool destiné aux élèves induit les jeunes en erreur

L’ombudsman de la SRG, pendant alémanique de la RTS, a donné raison à Paysage Libre Suisse : l’émission du 4 juin 2017 sur le thème d’un village allemand qui vivrait en autarcie énergétique induisait en erreur. L’énergie éolienne notamment a été embellie de façon trompeuse par la rédaction.

(Copyright Media Relations SRF)

L’ombudsman de la SRF a donné raison à Paysage Libre Suisse sur quatre points de sa réclamation. Les énergies renouvelables – en particulier l’énergie éolienne – ont été présentées de manière unilatéralement positive, ce qui a trompé le public. La prise en compte des aspects problématiques de ces énergies a été passée sous silence. En outre, les termes d’« énergie » et « électricité » ont été confondus, et le fait que le bas prix de l’électricité est à mettre sur le compte des subventions a été occulté.

Paysage Libre Suisse se préoccupe du traitement médiatique parfois peu nuancé, voire trompeur, de la question de la transition énergétique et de l’énergie éolienne en particulier. Après la publication du financement du lobby Suisse Eole par l’Office fédéral de l’énergie, il est devenu clair que de l’argent public servait à encourager une propagande tendant à idéaliser l’éolien dans les médias comme quelque chose de « beau », « bon marché » ou « acceptable ».

Le canton de Thurgovie fait machine arrière dans le dossier éolien – la pression augmente sur la Suisse romande

Le Conseil d’Etat du canton de Thurgovie supprime jusqu’à nouvel avis tous les périmètres de parcs éoliens de son plan directeur. Cette décision fait suite aux centaines de prises de position négatives en provenance des localités pressenties pour y implanter des sites éoliens industriels. Avec la réticence grandissante dans l’ensemble de la Suisse orientale, la pression augmente sur la Suisse romande et sur l’Arc jurassien, qui se retrouvent plus que jamais en première ligne pour la construction des 1000 éoliennes voulues par la Confédération.

 

Selon les informations obtenues auprès du canton de Thurgovie, la suppression des sites prévus est à mettre sur le compte des centaines d’avis critiques exprimés dans le cadre de la procédure d’information et de participation. À lui seul, le projet de parc éolien de Braunau-Wuppenau, où étaient prévues environ 10 machines de 200 mètres de haut, a suscité suffisamment de prises de position négatives pour faire pencher la balance.

La carte des vents du lobby éolien suisse indique que le canton de Thurgovie se caractérise par des conditions de vent moins mauvaises que le Plateau. Pour cette raison, la Suisse orientale est mise en avant dans la Conception énergie éolienne de la Confédération. Canton frontière avec l’Allemagne, la Thurgovie est cependant suffisamment bien placée pour observer l’industrialisation éolienne envahissante chez son voisin du Nord et en tirer les conclusions qui s’imposent.

La décision radicale des autorités thurgoviennes est une défaite cuisante pour les promoteurs en Suisse orientale. La production annuelle de 4.3 TWh de courant d’origine éolienne voulue par la Confédération, nécessitant environ 1000 machines, risque ainsi de se reporter encore plus sur l’Ouest de la Suisse et sur l’Arc jurassien. Les cantons de Berne, Fribourg, Vaud, Neuchâtel, Jura, Valais et Soleure, déjà fortement sollicités, figurent parmi les principales victimes.

La décision du canton de Thurgovie est le premier coup porté à la Conception énergie éolienne de la Confédération, qui date pourtant d’à peine deux mois, et qui attribuait au canton de Thurgovie jusqu’à 50 installations éoliennes. La Fédération Paysage Libre Suisse est plus que jamais convaincue que la mise en œuvre de la Stratégie énergétique 2050 devra se faire sans l’éolien.

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