Une nouvelle étude vient bousculer les connaissances sur les infrasons émis par les éoliennes

Les riverains de parcs éoliens en France et en Allemagne sont nombreux à faire état de problèmes de santé parfois graves : maux de tête, acouphènes, troubles du sommeil, vertiges, nausées, sentiments d’oppression dans l’abdomen, ou encore états dépressifs. Ils attribuent l’origine de leur mal aux infrasons, ces sons de basse fréquence inaudibles par l’oreille humaine. Les promoteurs éoliens, quant à eux, nient l’influence que peuvent avoir les infrasons d’origine éolienne sur la santé humaine. Une nouvelle étude commandée par Paysage Libre Suisse apporte des éléments inédits au débat et prouve que la Confédération doit urgemment prendre le problème en main.

Infrasons (c) Pixabay

Dans sa réponse à l’interpellation du Conseiller national Jean-Pierre Grin (13.3113), le Conseil fédéral estimait que les émissions d’infrasons des installations d’énergie éolienne se situent en dessous du seuil d’audition ou de perception et n’ont ainsi pas d’effets sur la santé. Il avait toutefois précisé qu’il suivait de près la recherche sur les effets du bruit dans ce domaine et qu’en cas de nouveaux développements, il proposerait des mesures appropriées pour protéger la population des nuisances sonores.

Une nouvelle étude publiée par Paysage Libre Suisse montre que le problème des infrasons n’a pas été correctement analysé jusqu’à présent, et que la Confédération doit reprendre ce dossier en main dans les plus brefs délais. Paysage Libre Suisse a transmis ses conclusions aux autorités fédérales, auxquelles il est demandé d’agir très rapidement pour protéger la population suisse, étant donné le grand nombre de projets éoliens qui pourraient être construits dans les deux à cinq prochaines années, soit près de 12 parcs, pour un total d’environ 120 machines.

Qu’est-ce qui est nouveau ? Jusqu’à présent, la grande majorité des études sur l’impact sanitaire des infrasons émis par les éoliennes ne considèrent que les émissions mesurées dans l’air. Or c’est dans le sol que se situe le problème : des mesures effectuées dans le voisinage de plusieurs parcs éoliens montrent que des intensités d’ondes de vibrations importantes dans les sols se propagent loin des machines, parfois à plusieurs kilomètres. Convertis en décibels sonores acoustiques, les niveaux d’intensité sont très élevés dans le voisinage de certains parcs. À ces niveaux de vibrations s’ajoutent des effets de résonance dans les bâtiments, qui peuvent multiplier la vibration externe par 10 voire 20 selon le bâtiment. Cette résonance dite de Helmholtz explique pourquoi certains habitants sont plus touchés que d’autres.

La nature du sous-sol est déterminante : les niveaux sonores sont les plus élevés dans des régions de sous-sol dur, notamment le calcaire. Or, la plupart des parcs éoliens suisses dont la construction pourrait intervenir dans les prochaines années se situent dans l’Arc jurassien, sur un sol en calcaire.

Paysage Libre Suisse demande à la Confédération d’agir rapidement pour que la nature du sous-sol soit soigneusement prise en compte dans les procédures de permis de construire. Il est aussi demandé aux autorités judiciaires d’appliquer de façon stricte le principe de précaution, afin de protéger les riverains de conséquences sanitaires graves. Un moratoire sur la construction de nouveaux parcs éoliens est nécessaire aussi longtemps que les mesures adéquates ne sont pas définies par voie d’ordonnance.

Lire l’étude: lien

La Commune de Sonvilier refuse les éoliennes et donne un signal à la Suisse entière

Les habitants de Sonvilier ont donné un signal à la Suisse entière : en refusant le projet de parc éolien des « Quatre Bornes », la commune du Jura bernois montre que la population suisse ne veut plus de ces machines géantes qui détruisent leur cadre de vie tout en engloutissant des subventions à haute dose. Paysage Libre Suisse demande aux autorités fédérales de revoir la stratégie énergétique 2050 et d’élaborer un plan de sortie de l’éolien.

Les dix machines allant jusqu’à 207 mètres de haut prévues à côté du Chasseral ne se feront pas. Ainsi en a décidé la population de Sonvilier qui a montré qu’elle ne comptait pas succomber aux arguments émotionnels des défenseurs du projet, qui promettaient ni plus ni moins l’autonomie énergétique, le sauvetage du climat, l’amélioration du paysage et de la biodiversité. Déjà en difficulté partout en Suisse, l’éolien est aujourd’hui frappé de plein fouet.

Le verdict de Sonvilier constitue aussi un coup dur pour le promoteur Groupe E Greenwatt, à la tête de plusieurs projets éoliens en Suisse, qui sont tous dans une situation critique. Depuis des années, des sommes gigantesques sont englouties en pure perte dans des études d’impact sans lendemain, où on essaie de faire croire aux autorités et à la population que l’installation de ces géants se fait sans nuisance et dans le respect des réglementations.

« Jusqu’à présent, surtout la Suisse alémanique s’opposait aux centrales éoliennes. Désormais, c’est au tour de la Suisse romande de ne trouver aucune raison valable de construire ces machines », estime Elias Meier, président de Paysage Libre Suisse. Entre les colossales subventions aux promoteurs, les dégâts au paysage et à la biodiversité et les nuisances infligées aux riverains, le diagnostic est clair : la sortie du nucléaire devra se passer des hélices.

Paysage Libre Suisse demande aux autorités fédérales de revoir l’objectif de production de 4 térawattheures annuels, soit les quelque 1’000 éoliennes nécessaires selon la stratégie énergétique. Les alternatives sont là, elles s’appellent photovoltaïque, et biomasse, en plus du pilier traditionnel de la production électrique suisse que constitue l’hydraulique. Le photovoltaïque peut être installé rapidement, il est bien meilleur marché, ne suscite pas d’opposition, il est stockable sur place et en plus il fait vivre les entreprises locales. « L’éolien est une idée éculée des années 1990 ; vu les nuisances croissantes qu’imposent ces machines toujours plus grandes, il faut raisonnablement tourner la page et opter pour une solution plus écologique », explique Michel Fior, secrétaire général.

De récentes études confirment qu’une sortie du nucléaire est tout à fait possible sans éolienne. Paysage Libre Suisse lance un appel à une transition énergétique respectueuse des gens, de l’environnement et de l’économie, comme la constitution suisse l’exige.

 

Subventionner l’énergie éolienne nuit gravement à la biodiversité

Dans une étude détaillée de 216 pages intitulée « Subventions dommageables à la biodiversité en Suisse », l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL) et le Forum Biodiversité Suisse de l’Académie des sciences SCNAT utilisent des termes clairs en ce qui concerne l’énergie éolienne : « Les éoliennes ont un impact négatif sur la biodiversité ».

(c) Pixabay

Ce faisant, ils confirment ce que Paysage Libre Suisse PLCH affirme depuis des années : « La construction de centrales éoliennes nécessite des infrastructures importantes et les nouvelles voies d’accès adaptées aux poids lourds restent en place même après l’installation. Elles aboutissent à une fragmentation de l’écosystème et leur utilisation après la construction contribue à perturber l’écosystème (…). Les éoliennes et les turbulences de l’air créées pendant leur fonctionnement provoquent des collisions avec les oiseaux. Selon l’emplacement des centrales, cela peut avoir de graves conséquences pour les espèces. Les chauves-souris sont également touchées ».

Pour les grandes compagnies d’électricité, les parcs éoliens prévus sont généralement des projets « verts » par souci de prestige et pour le marketing. Mais le fait que les éoliennes soient écologiques est un label plus que jamais frauduleux, estime Paysage Libre Suisse sur la base de ces nouveaux résultats.

Les solutions proposées dans l’étude du WSL ne sont toutefois que partiellement convaincantes : loin de demander la suppression totale des subventions aux éoliennes, l’étude demande qu’elles soient réduites de moitié et que l’argent ainsi libéré soit investi dans la promotion d’autres énergies renouvelables. Pour les deux organisations, une plus grande importance doit être accordée à la biodiversité dans les conditions d’octroi des subventions.

L’étude du WSL repose sur la capacité d’expansion éolienne prévue en 2016. Mais entre-temps, Suisse-Energie et Suisse Eole se sont fixé pour objectif de plus que doubler la production d’énergie éolienne (de 4’300 à 9’000 GWh). Dans notre pays caractérisé par de faibles ressources en vent, cette expansion ne pourrait être réalisée qu’avec quelque 2’500 éoliennes de plus de 200 m de haut chacune, et qui nécessiteraient des subventions annuelles d’environ 1,5 milliard – et ce pendant 15 à 20 ans.

La biodiversité n’est pas la seule à payer les frais de la politique éolienne. Dans la même mesure, le paysage, la santé des riverains de parcs éoliens et l’économie nationale seraient également affectés. Si nous mettons en balance le potentiel total de dommages de l’énergie éolienne et son faible potentiel de production, il devient évident que notre pays devrait payer un prix disproportionné.

Paysage Libre Suisse demande donc que les sommes prévues pour l’énergie éolienne soient investies dans des énergies renouvelables sans effets négatifs sur la biodiversité, le paysage, la santé et l’économie nationale.

Vers l’étude (factsheet en français): Lien

 

Loi sur l’énergie : une révision avant tout cosmétique

Le futur approvisionnement énergétique de notre pays passera essentiellement par l’électricité. Le défi est triple : veiller à ce que la consommation annuelle totale soit couverte par la production, garantir une disponibilité suffisante d’électricité, le tout exclusivement au moyen d’énergies renouvelables domestiques.

(c) Analogicus

La loi fédérale sur l’énergie (LEne), entièrement révisée en 2017, n’a pas relevé ce défi. La révision partielle mise en consultation permet au mieux des améliorations cosmétiques. La LEne continue à se concentrer sur la garantie d’une production annuelle. Le problème de la sécurité d’approvisionnement est et restera sans solution tant qu’il n’y aura pas de capacités de stockage pour l’énergie solaire et éolienne, qui sont toutes deux produites de manière intermittente. Si la LEne était un bâtiment, la révision partielle constituerait un simple coup de pinceau. Pour que la LEne puisse atteindre les objectifs formulés dans ses buts, des améliorations substantielles sont nécessaires. Paysage Libre Suisse a soumis plusieurs propositions à cette fin, qui peuvent être résumées comme suit.

L’électricité est une énergie importante pour le futur. C’est pourquoi une révision de la LEne ne fait sens que si elle est effectuée en même temps que la révision de la loi sur l’approvisionnement en électricité, également en cours.

L’énergie électrique peut et doit être produite sur le territoire national. Les importations de l’étranger seront de plus en plus difficiles. Parce que la disponibilité constante d’une quantité suffisante d’électricité est essentielle, la LEne doit promouvoir à parts égales la production et le stockage.

L’électricité ne doit pas seulement être produite et stockée – il est également possible de l’économiser. Cependant, l’objectif principal de la LEne semble être de couvrir la consommation actuelle à l’avenir simplement avec des énergies renouvelables domestiques au lieu de l’énergie nucléaire. Outre la production et le stockage de l’énergie, une loi sur l’’énergie doit également mettre l’accent sur les mesures visant à réduire la consommation d’électricité.

Le but ancré dans la loi sur l’énergie, qui n’est pas concerné par la révision, appelle, entre autres, à «garantir une fourniture et une distribution de l’énergie économiques et respectueuses de l’environnement». La révision de la LEne ne tient pas suffisamment compte de ces exigences, car l’ancien système de redevance à l’injection sera conservé et un nouveau système de rétribution à l’investissement doit être introduit en plus. Ce double système de soutien n’est pas économique et favorise les technologies nuisibles à l’environnement, comme l’énergie éolienne.

Il n’est pas acceptable de maintenir jusqu’en 2043 un système de subventions avec le tarif de rachat existant, qui devrait aboutir au paiement de CHF 18 milliards pour 4,3 TWh/an d’énergie éolienne, alors que le même montant pourrait financer 6,5 TWh/an d’énergie photovoltaïque. Il est donc impératif que la rétribution à l’injection soit entièrement transférée dans le système de la rétribution à l’investissement, y compris pour les installations éoliennes qui auraient été rétribuées sous l’ancien droit.

Non seulement les buts de la loi sur l’énergie, mais aussi la Constitution fédérale elle-même exigent une politique énergétique respectueuse de l’environnement (art. 89 Cst.). La compatibilité environnementale ne se limite pas à éviter les déchets nucléaires et à réduire les émissions de CO2. Elle comprend également la protection du paysage et de la biodiversité. Paysage Libre Suisse insiste donc pour que la LEne n’encourage que les installations énergétiques qui respectent pleinement les dispositions de la loi sur la protection des eaux et de la loi sur la protection de la nature et du paysage.

Prise de position PLCH (en allemand): lien

La nouvelle Conception «Paysage suisse» met les éoliennes au placard

Le Conseil fédéral vient d’approuver la nouvelle Conception « Paysage suisse ». Ce document présente l’approche de la Confédération pour protéger le paysage suisse et éviter les conflits d’objectifs. Il est remarquable que le sujet de l’énergie éolienne ne soit même pas mentionné dans cet instrument de planification du territoire. La fédération Paysage Libre Suisse salue cette approche, car l’avenir réside dans un approvisionnement en énergie assuré par des installations qui ne portent pas d’avantage atteinte à notre paysage et ne conduisent pas à l’étalement des zones bâties.

Crêt-Meuron (c) Christophe Schindler

De nombreux acteurs tels que des associations, des partis politiques, des cantons et des organisations ont exprimé leur point de vue dans le cadre de la procédure de consultation relative à la Conception « Paysage suisse » (CPS). Comme il fallait s’y attendre, le document, qui est contraignant, a suscité à la fois des résistances et des soutiens. Si certaines prises de position s’avèrent extrêmes sur plusieurs points, d’autres objectifs ont été bien soutenus. Le lobby qui œuvre à un démantèlement de la protection du paysage était aussi bien représenté dans les prises de position que celui qui s’engage en faveur de sa protection. Le Conseil fédéral a adopté le projet pratiquement inchangé.

Étonnamment, le Conseil fédéral a refusé de se prononcer sur le conflit entre le paysage et l’énergie éolienne. Les associations environnementales et le lobby éolien avaient tous deux exigé que des objectifs clairs soient fixés pour les quelque 800 grandes éoliennes prévues en Suisse. À titre de comparaison, une section de la CPS est exclusivement consacrée à l’énergie solaire et stipule que celle-ci doit en principe être mise en œuvre sur les infrastructures existantes.

En ce qui concerne l’énergie éolienne, un bref renvoi indique que celle-ci doit être traitée dans un concept séparé conformément à l’article 13 de la loi fédérale sur l’aménagement du territoire (LAT). Les objectifs suivants guident ainsi la politique du paysage:

– Paysages d’importance nationale : La surface et la qualité des paysages d’importance nationale sont au minimum conservées et garanties au niveau de l’aménagement du territoire. Les paysages sont développés au moyen de mesures de valorisation. Les atteintes existantes sont réduites ou éliminées lorsque l’occasion se présente (Objectif 5.B).

– Soutien des objets régionaux et locaux : Les paysages, les milieux naturels, les installations et les bâtiments protégés ou dignes de protection aux niveaux régional et local sont conservés ou développés dans une optique qualitative grâce au soutien de la Confédération (Objectif 5.C).

Paysage Libre Suisse se félicite de ces objectifs clairs. Les grandes éoliennes, dont la hauteur totale peut atteindre 230 mètres, n’ont pas leur place dans nos paysages sensibles et mondialement connus. L’énergie éolienne – tout comme l’énergie solaire – doit être produite à l’aide de micro-installations érigées sur des infrastructures existantes ou dans des zones bâties, et dont l’électricité est stockée et consommée localement. C’est la seule façon dont l’énergie éolienne peut contribuer à l’approvisionnement en électricité de manière durable et respectueuse du paysage.

Conception “Paysage suisse”: lien

Mont-Crosin : gaspillage de fonds publics

14 millions de francs : c’est la subvention que Juvent SA a obtenue de la Confédération en 2019 pour sa centrale éolienne de Mont Crosin. Ce montant est financé par les consommateurs d’électricité, que ce soit des particuliers ou des entreprises. Propriétaire de Juvent, le groupe électrique BKW SA a dégagé la même année un bénéfice record de 433 millions de francs. À l’heure où de nombreux indépendants luttent pour leur survie et où une crise économique de grande ampleur frappe la Suisse, Paysage Libre Suisse dénonce ce qu’il faut bien appeler un scandale : le gaspillage de fonds publics pour le subventionnement inutile de grands groupes électriques ultra-bénéficiaires.

(c) Paysage Libre Suisse

Les chiffres de l’Office fédéral de l’énergie OFEN passent généralement inaperçus dans les médias. À tort : ils cachent ce qu’il faut bien considérer comme un dysfonctionnement du système d’encouragement des énergies renouvelables piloté par la Confédération. Ainsi, en 2019, Juvent SA, filiale de BKW SA, a reçu pas moins de CHF 13’845’288.- d’argent public pour sa centrale éolienne de Mont-Crosin. C’est 55 % de plus qu’en 2018, grâce notamment au vent qui a soufflé plus fort dans les pales.

Cet état de fait est scandaleux à plus d’un titre : à l’heure où une crise économique sans précédent menace le tissu économique de notre région, à l’heure où de gros points d’interrogation planent sur l’avenir de nos finances publiques et de nos impôts, il est incompréhensible et inacceptable qu’un gros groupe électrique qui dégage un bénéfice net qui frise le demi-milliard de francs soit subventionné par de l’argent provenant de consommateurs d’électricité qui, pour certains, ne savent pas de quoi leur avenir sera fait, s’ils ne sont pas déjà au chômage. Tout autant discutable est l’augmentation du dividende de 22 % versé aux actionnaires de BKW SA.

C’est ni plus ni moins tout le système de soutien aux énergies renouvelables qui montre ici sa perversité : il revient à verser des millions à des entreprises qui n’en n’ont aucun besoin, qui plus est en fonction de la vitesse du vent. Pendant ce temps, de nombreux projets photovoltaïques sont en attente, tandis que d’autres ne sont tout simplement pas réalisés en raison d’un soutien financier insuffisant. Or, ces projets se feraient à moindre coûts, sans dégâts sur le paysage et la biodiversité, et profiteraient à nos PME plutôt qu’à des fabricants d’éoliennes situés hors de nos frontières.

Paysage Libre Suisse appelle à une suppression totale et immédiate des subventions à l’énergie éolienne et à leur transfert en faveur de projets photovoltaïques et de biomasse qui ont réellement besoin de soutien financier pour se concrétiser. Une telle mesure est nécessaire pour garantir à la fois l’équité et l’efficacité dans la transition énergétique.

Chiffres de l’OFEN: lien

Vent contraire pour les éoliennes de Zoug et du Toggenbourg

Dans sa réponse à une interpellation concernant l’énergie éolienne, le gouvernement cantonal de Zoug a réitéré sa position négative sur l’énergie éolienne au début du mois de décembre 2019. Dans le même temps, la Commission fédérale pour la protection de la nature et du paysage CFNP recommande de ne pas poursuivre le projet de centrale éolienne de Krinau dans le Toggenbourg (SG). L’opposition en Suisse alémanique est plus forte que jamais.

Krinau (Toggenburg)

Krinau (Toggenburg), (c) Paysage Libre Suisse

Dans sa réponse du 10 décembre 2019, le gouvernement cantonal de Zoug déclare en introduction que le concept éolien de la Confédération ne devait pas permettre de procéder à une pesée des intérêts, car il s’agit d’une question de planification cantonale. Comme décidé dans le cadre de l’élaboration du plan directeur cantonal de 2015, le canton ne soutient pas les grandes éoliennes. Les zones figurant à l’inventaire fédéral des paysages IFP, les marais et les réserves naturelles communales ou cantonales sont absolument exclues. Les zones forestières sont également considérées à première vue comme des zones d’exclusion. Le gouvernement cantonal ne voit guère de zones propices aux éoliennes. Il n’y a guère de potentiel pour l’énergie éolienne.

La position du canton est incontestée tant au sein de la Commission de l’aménagement du territoire et de l’environnement qu’au Grand Conseil. Le gouvernement cantonal n’envisage donc pas d’autres clarifications. De plus, en raison des mauvais résultats des mesures du vent, aucun producteur d’énergie du canton de Zoug n’est intéressé par l’utilisation de l’énergie éolienne.

Quelques jours avant la lettre du Conseil d’Etat de Zoug, la Commission fédérale pour la protection de la nature et du paysage CFNP a rendu son verdict sur le projet de parc éolien de Krinau dans le Canton de Saint-Gall. Le document qui a été rendu public le 4 février 2020 précise que les turbines “seraient visibles en tant qu’infrastructures techniques dominantes depuis les différentes crêtes et sommets du périmètre paysager protégé [Hörnli-Bergland] et, elles perturberaient massivement la vue jusqu’alors dégagée sur les crêtes, arêtes et sommets du secteur figurant à l’inventaire fédéral des paysages”.

En conclusion, la CFNP écrit : “La Commission conclut que le projet doit être considéré comme une atteinte grave au regard des objectifs de protection de l’objet IFP n° 1420, qui est directement adjacente à la zone du projet. Il recommande donc de ne pas poursuivre le projet”.

Paysage Libre Suisse appelle le canton de Saint-Gall à abandonner immédiatement le projet de centrale éolienne de Krinau. La protection du paysage est une priorité dans notre pays densément peuplé et urbanisé. Le canton de Zoug adopte une approche exemplaire et met en œuvre de manière conséquente la demande de préserver les paysages protégés au niveau national. La zone IFP menacée “Hörnli-Bergland” est particulièrement appréciée en tant que zone de loisirs par la population du canton de Zurich, et est extrêmement précieuse pour la biodiversité.

Réponse du Conseil d’Etat de Zoug (en allemand): lien
Rapport de la CFNP (en allemand): lien

C’est la fin pour la centrale éolienne de Surselva aux Grisons

Après les échecs successifs des projets éoliens de LinthWind à Glaris en début 2019, de Rheinau près de Sargans (St.-Gall) et d’Oberegg en Appenzell, le parc éolien de Lumnezia dans la Surselva est désormais enterré. Près de 60% des citoyennes et citoyens de la commune de Lugnez se sont prononcés contre le principe d’une centrale éolienne dans la région de Surselva aux Grisons. Le taux de participation a largement dépassé les 50%.

(c) Commune Lumnezia

Membre de Paysage Libre Suisse, l’association IG Sezner-UmSu-Grenerberg a mis en garde contre les conséquences négatives du parc éolien sur l’environnement, le tourisme et la qualité de vie dans la région de Surselva. Le projet prévoyait la construction de 18 machines à une altitude comprise entre 2’000 et 2’500 mètres, dans un site naturel réputé pour ses paysages uniques.

L’électorat ne s’est pas laissé influencer par les arguments des promoteurs, selon lesquels le projet aurait amené beaucoup d’argent à la communauté et six (sic) nouveaux emplois. Le projet de centrale éolienne est donc mort. Paysage Libre Suisse félicite les bénévoles qui se sont engagés dans ce long combat et se réjouit de la préservation d’un joyau paysager connu à l’échelle internationale.

En Suisse orientale, de nombreux projets de centrales éoliennes ont été stoppés ces derniers mois. Si le canton de Zurich et le Land autrichien du Vorarlberg ont renoncé à tout projet éolien, les cantons de Saint-Gall, Schaffhouse et Glaris n’en prévoient chacun qu’un seul. Sur la rive allemande du lac de Constance, une distance minimale de 2000 mètres est en vigueur en Bavière et de 1000m en planification au niveau fédéral, ce qui limite considérablement les projets dans la région. Aux Grisons, une seule installation de quelques machines est encore en discussion vers Coire, à côté de l’éolienne déjà en service. En Appenzell, le projet controversé d’Oberegg a été rejeté par les deux demi-cantons et d’autres projets ne sont pas en vue à moyen terme.

Seul le canton de Thurgovie prévoit encore de construire de grandes éoliennes en Suisse orientale, à savoir sept centrales pour un total d’une bonne trentaine de turbines. Si la Thurgovie devait elle aussi renoncer à la construction de grandes éoliennes industrielles, il ne resterait plus que l’Arc jurassien, la région du Mittelland (Lucerne, Argovie, Berne) et la Suisse romande pour envisager une industrialisation à grande échelle du paysage suisse.

Paysage Libre Suisse travaille actuellement à la visualisation des parcs éoliens prévus en Suisse. Les vidéos déjà créées peuvent être vues sur le site www.parcs-eoliens.ch. D’autres vidéos suivront.

EXCLUSIF : Les photomontages et vidéos du Chasseron et du Creux-du-Van à l’ère des éoliennes

Paysage Libre Suisse met aujourd’hui en ligne une vidéo qui dévoile à quoi ressemblerait l’espace naturel entre le Creux-du-Van et le Chasseron avec les dizaines d’éoliennes réparties dans les 5 centrales qui y sont prévues aussi bien sur Vaud que sur Neuchâtel. Les images sont saisissantes : c’est à une véritable industrialisation de ces lieux symboliques du paysage suisse qu’on assisterait, sans compter la perte irrémédiable de la biodiversité qui fait la particularité de cette région.

Une image que les promoteurs éoliens ne vous montreront jamais : une zone industrielle de quelque 80 éoliennes réparties de part et d’autre de la frontière de Vaud et de Neuchâtel. Le tout conçu sans la moindre coordination intercantonale. Voilà à quoi risque de ressembler la région du Chasseron et du Creux-du-Van dans quelques années. Pour le seul canton de Vaud, c’est une quarantaine de machines qui seraient érigées sur la première crête du Jura, dans les sites éoliens de Provence, Grandevent et Grandsonnaz.

La protection de ces lieux symboliques du Jura vaudois a récemment fait l’objet d’une pétition signée par près de 14’000 personnes. Le parlement vaudois et les communes concernées en ont fait peu de cas, préférant vouer cette région encore à l’état naturel à un destin industriel. On ne peut qualifier autrement le spectacle que la vidéo donne à voir.

Lieux symboliques du Jura, le Creux-du-Van et le Chasseron sont autant de destinations appréciées par les randonneurs et les sportifs venus de loin à la ronde. Il ne fait aucun doute que le spectacle qui leur serait donné rendrait le secteur définitivement sans intérêt. « On se tire une balle dans le pied », estime Jean-Marc Blanc, secrétaire général de Paysage Libre Vaud, pour qui « un formidable outil de travail pour le tourisme doux et durable se transformerait en décharge éolienne ».

L’image n’est pas exagérée : aucun autre endroit en Suisse n’est pressenti pour héberger une telle quantité d’éoliennes au kilomètre carré. « En Suisse alémanique, l’opinion publique est devenue très réticente face à l’éolien et préfère recourir à des énergies renouvelables respectueuses des gens et des animaux, comme le photovoltaïque », explique Elias Meier, Président de la fédération Paysage Libre Suisse.

Avec cette vidéo neutre et objective, Paysage Libre Suisse désire sensibiliser l’opinion publique sur l’ampleur de la menace sur un patrimoine naturel unique, une menace systématiquement passée sous silence par les promoteurs éoliens qui répètent à l’envi que les centrales éoliennes s’intègrent harmonieusement dans le paysage.

« C’est qu’y a des gros sous à se faire, mais pas pour les p’tites gens d’ici » : Michel Bühler frappe à la porte de la Suisse alémanique

A 74 ans, après avoir chanté dans le monde entier, Michel Bühler frappe à la porte de la Suisse alémanique. Et pas sans raison : attaché aux montagnes jurassiennes autant qu’à la langue française, il poursuit son combat contre l’industrialisation de nos paysages par les « actionnaires » de l’écologie. Sous le titre Windturbinen, il sort aujourd’hui la version allemande de sa chanson Eoliennes.

Michel Bühler (c) Lauren Pasche

Nul besoin de présenter Michel Bühler aux Romands. L’auteur-interprète de Ste Croix a près de trois cents chansons et une dizaine de récits, romans et pièces à son actif. Connu en outre pour son engagement social et politique, il a reçu en 2013 le prix Jacques-Douai.

Dans son album de 2016, la chanson « Eoliennes » traduit à merveille l’opportunisme avec lequel les promoteurs éoliens, sous couvert d’écologie et de progrès, s’apprêtent à sacrifier la nature, le paysage et la santé humaine. Avec un joli pactole à la clé : les subventions.

Contacté récemment par Paysage Libre Suisse, Michel Bühler a accepté avec enthousiasme d’enregistrer une version de cette chanson en langue allemande. « Malgré mon patronyme, je me sens plus à l’aise dans la langue de Gilles Vigneault que de Mani Matter. Chanter en allemand fut un véritable défi ! », dit-il en riant à la sortie du studio d’enregistrement.

« Eoliennes » est un récit lucide sur le fonctionnement de notre monde néolibéral où tout finit par être récupéré par l’économie pour devenir une source de profit. L’éolien traduit à merveille ce business vert. Des turbines industrielles, bruyantes et destructrices du patrimoine et de la biodiversité nous sont « vendues » comme de gracieuses fées qui vont sauver la planète et l’humanité. Loin de la pensée unique du monde moderne, « Eoliennes » est un espace de réflexion et de lucidité. Un regard vers le futur.

« Windturbinen » de Michel Bühler (allemand): écouter.
« Eoliennes » de Michel Bühler (français): écouter.

Adaptation allemande: Walter Bohnenblust et Hermine Weidmann.