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EXCLUSIF : Les photomontages et vidéos du Chasseron et du Creux-du-Van à l’ère des éoliennes

Paysage Libre Suisse met aujourd’hui en ligne une vidéo qui dévoile à quoi ressemblerait l’espace naturel entre le Creux-du-Van et le Chasseron avec les dizaines d’éoliennes réparties dans les 5 centrales qui y sont prévues aussi bien sur Vaud que sur Neuchâtel. Les images sont saisissantes : c’est à une véritable industrialisation de ces lieux symboliques du paysage suisse qu’on assisterait, sans compter la perte irrémédiable de la biodiversité qui fait la particularité de cette région.

Une image que les promoteurs éoliens ne vous montreront jamais : une zone industrielle de quelque 80 éoliennes réparties de part et d’autre de la frontière de Vaud et de Neuchâtel. Le tout conçu sans la moindre coordination intercantonale. Voilà à quoi risque de ressembler la région du Chasseron et du Creux-du-Van dans quelques années. Pour le seul canton de Vaud, c’est une quarantaine de machines qui seraient érigées sur la première crête du Jura, dans les sites éoliens de Provence, Grandevent et Grandsonnaz.

La protection de ces lieux symboliques du Jura vaudois a récemment fait l’objet d’une pétition signée par près de 14’000 personnes. Le parlement vaudois et les communes concernées en ont fait peu de cas, préférant vouer cette région encore à l’état naturel à un destin industriel. On ne peut qualifier autrement le spectacle que la vidéo donne à voir.

Lieux symboliques du Jura, le Creux-du-Van et le Chasseron sont autant de destinations appréciées par les randonneurs et les sportifs venus de loin à la ronde. Il ne fait aucun doute que le spectacle qui leur serait donné rendrait le secteur définitivement sans intérêt. « On se tire une balle dans le pied », estime Jean-Marc Blanc, secrétaire général de Paysage Libre Vaud, pour qui « un formidable outil de travail pour le tourisme doux et durable se transformerait en décharge éolienne ».

L’image n’est pas exagérée : aucun autre endroit en Suisse n’est pressenti pour héberger une telle quantité d’éoliennes au kilomètre carré. « En Suisse alémanique, l’opinion publique est devenue très réticente face à l’éolien et préfère recourir à des énergies renouvelables respectueuses des gens et des animaux, comme le photovoltaïque », explique Elias Meier, Président de la fédération Paysage Libre Suisse.

Avec cette vidéo neutre et objective, Paysage Libre Suisse désire sensibiliser l’opinion publique sur l’ampleur de la menace sur un patrimoine naturel unique, une menace systématiquement passée sous silence par les promoteurs éoliens qui répètent à l’envi que les centrales éoliennes s’intègrent harmonieusement dans le paysage.

« C’est qu’y a des gros sous à se faire, mais pas pour les p’tites gens d’ici » : Michel Bühler frappe à la porte de la Suisse alémanique

A 74 ans, après avoir chanté dans le monde entier, Michel Bühler frappe à la porte de la Suisse alémanique. Et pas sans raison : attaché aux montagnes jurassiennes autant qu’à la langue française, il poursuit son combat contre l’industrialisation de nos paysages par les « actionnaires » de l’écologie. Sous le titre Windturbinen, il sort aujourd’hui la version allemande de sa chanson Eoliennes.

Michel Bühler (c) Lauren Pasche

Nul besoin de présenter Michel Bühler aux Romands. L’auteur-interprète de Ste Croix a près de trois cents chansons et une dizaine de récits, romans et pièces à son actif. Connu en outre pour son engagement social et politique, il a reçu en 2013 le prix Jacques-Douai.

Dans son album de 2016, la chanson « Eoliennes » traduit à merveille l’opportunisme avec lequel les promoteurs éoliens, sous couvert d’écologie et de progrès, s’apprêtent à sacrifier la nature, le paysage et la santé humaine. Avec un joli pactole à la clé : les subventions.

Contacté récemment par Paysage Libre Suisse, Michel Bühler a accepté avec enthousiasme d’enregistrer une version de cette chanson en langue allemande. « Malgré mon patronyme, je me sens plus à l’aise dans la langue de Gilles Vigneault que de Mani Matter. Chanter en allemand fut un véritable défi ! », dit-il en riant à la sortie du studio d’enregistrement.

« Eoliennes » est un récit lucide sur le fonctionnement de notre monde néolibéral où tout finit par être récupéré par l’économie pour devenir une source de profit. L’éolien traduit à merveille ce business vert. Des turbines industrielles, bruyantes et destructrices du patrimoine et de la biodiversité nous sont « vendues » comme de gracieuses fées qui vont sauver la planète et l’humanité. Loin de la pensée unique du monde moderne, « Eoliennes » est un espace de réflexion et de lucidité. Un regard vers le futur.

« Windturbinen » de Michel Bühler (allemand): écouter.
« Eoliennes » de Michel Bühler (français): écouter.

Adaptation allemande: Walter Bohnenblust et Hermine Weidmann.

L’avenir paysager de l’Arc jurassien est en jeu

Le recours contre le parc éolien de Granges est actuellement en procédure devant le Tribunal fédéral. Six éoliennes avec des rotors de 122 m de large sont prévues sur la première chaîne du Jura, dans le canton de Soleure. Les machines seraient visibles pour plus d’un million de personnes, et des espèces d’oiseaux très menacées sont mis en danger. Cette décision aura une importance décisive pour l’avenir du paysage suisse.

Le paysage jurassien de la Montagne de Granges (c) Marcel Kessler

En 1942, pendant la Seconde Guerre mondiale, le canton de Soleure décide de créer la zone de protection du Jura. Peu d’autres cantons connaissent des règles aussi strictes en matière de protection du paysage : les lignes aériennes, les maisons de vacances, les routes, les clôtures et même les sculptures en bronze sont interdites. L’ordonnance cantonale sur la protection de la nature et du patrimoine culturel définit les couleurs, les matériaux, l’emplacement et l’apparence de tous les éléments construits. Les endroits exposés sont interdits. Les nouveaux bâtiments doivent imiter les bâtiments existants.

La zone de protection du Jura serait ignorée. L’immense région du Jura, qui offre un refuge à une biodiversité très riche et attire chaque week-end des dizaines de milliers de personnes des zones urbanisées du Mittelland, est menacée par le parc éolien de Granges. Trois turbines doivent être érigées directement à côté de la Wandfluh, la grande paroi rocheuse au-dessus de la ville horlogère de Granges. Trois autres sont prévues au milieu de dolines. Le rayon de visibilité est de plus de 50 kilomètres. La production d’électricité serait très irrégulière et se situerait entre 10 GWh (selon Birdlife) et 30 GWh (selon le promoteur) par an. Cela correspond à 0,04 % de la consommation suisse d’électricité.

Le canton de Soleure étant l’un des seuls cantons à ne pas prévoir de votation sur un tel projet, seules les associations environnementales disposant d’un droit de recours ont pu faire opposition. Actuellement, seul le recours de l’association de protection des oiseaux ASPO/Birdlife Suisse est encore pendante devant le Tribunal fédéral. La Cour suprême va donc se prononcer sur l’avenir de la chaîne jurassienne, qui marque l’horizon de notre pays de Genève à l’Argovie. Des rotors géants attireront-ils l’attention pendant la journée et des feux rouges clignoteront-ils au-dessus de Granges la nuit ?

BirdLife critique le fait que la centrale éolienne soit placée au milieu de la zone de protection du Jura et à côté d’une zone de protection du paysage d’importance nationale. De nombreux oiseaux inscrits sur la liste rouge se reproduisent dans le périmètre impacté et seraient tués par les rotors. De nombreuses chauves-souris y vivent également et les oiseaux migrateurs traversent deux fois l’an les montagnes du Jura. Au milieu de leur trajectoire de vol, entre 27 et 150 m au-dessus du sol, les rotors tourneraient à une vitesse pouvant atteindre les 400 km/h.

Récemment, la route menant à la montagne de Granges s’est partiellement effondrée. Pendant la réfection, il a fallu arrêter les sources d’eau potable dans le tunnel ferroviaire de Granges, situées directement sous le parc éolien, en raison de l’infiltration rapide de l’eau entre la route et les sources du tunnel. La ville de Granges, qui tire entre 85 et 98 % de son eau de ses propres sources, devrait se passer de son propre approvisionnement en eau potable pour construire le parc éolien. 40’000 personnes sont raccordées au réseau d’eau de Granges.

Le projet de centrale à la Montagne de Granges le montre : le Tribunal fédéral ne se prononce pas seulement de la construction de six turbines. Il décide aussi de l’avenir de l’eau potable de dizaines de milliers de personnes, de la survie de nombreuses espèces animales et de l’avenir des zones de loisirs de la population du Plateau suisse.

Nous ne pouvons pas remplacer notre paysage. Nous n’en avons qu’un seul.

Sauver la planète sans éoliennes

Selon une étude scientifique rendue publique hier et reprise par de nombreux médias, la Suisse peut atteindre les objectifs de l’Accord de Paris grâce à des mesures simples et uniquement grâce à l’énergie solaire. La transition énergétique est ainsi possible sans altérer le paysage et la biodiversité. Le recours à des centrales éoliennes s’avère désormais inutile et même contre-productif. Paysage Libre Suisse se réjouit de ce constat et appelle à un « reset » de la stratégie énergétique 2050.

(c) Pixabay

(c) Pixabay

Les chiffres issus de l’étude 2019 sur les bâtiments à énergie positive indiquent que les excédents de production d’électricité solaire, en combinaison avec des centrales de pompage-turbinage, sont plus que suffisants pour approvisionner en énergie la totalité du secteur des bâtiments et du transport avec de l’électricité neutre en CO2 en Suisse. Les toitures solaires permettraient de réduire les émissions de CO2 de 90% !

Ces mesures, décrites comme simples, montrent à quel point la stratégie énergétique 2050 fait fausse route. L’étude prouve ainsi que grâce au solaire :

– la quasi-totalité des émissions de CO2 peut être éliminée ;
– la sortie du nucléaire est assurée ;
– le paysage et la biodiversité sont entièrement préservés.

Paysage Libre Suisse voit une série d’autres avantages à un changement de paradigme en matière de transition énergétique :

– Les subventions (rétributions à l’injection) allouées aux installations solaires pour chaque kilowattheure injecté sont pour ainsi dire la moitié de celles accordées aux centrales éoliennes.
– En mettant l’accent sur le solaire, ce sont les PME suisses qui sont à l’œuvre plutôt que les fabricants allemands d’éoliennes.

La transition énergétique peut donc être bonne pour l’économie en plus de préserver le climat et de nous débarrasser du nucléaire.

L’étude publiée ce jour va dans le sens du Plan Marshall du Parti socialiste pour la transition énergétique : le recours à l’énergie éolienne y est partout absent, preuve de son inutilité. Paysage Libre Suisse salue ce changement d’orientation et invite la nouvelle Cheffe du Département fédéral de l’énergie à le mettre en œuvre dans ses services.

Un « reset » de la stratégie énergétique 2050 ouvre la voie à une transition énergétique compatible avec l’environnement. Plus rien ne justifie le recours aux installations éoliennes, qui appartiennent désormais au passé.

Vers l’étude: lien.

Parcs éoliens – menaces sur les sites UNESCO

La pérennité de la reconnaissance des sites inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO de La Chaux-de-Fonds – Le Locle et de l’île de Reichenau sur le Rhin est directement menacée par des projets de parcs éoliens planifiés à proximité immédiate sur les crêtes des environs de la Vue-des-Alpes et sur les collines de Thurgovie. En Valais, l’Hospice du Grand Saint-Bernard, présent depuis 2016 sur la liste indicative à la candidature établie par la Confédération ne répond plus aux critères de protection en raison d’un projet de parc éolien aux abords du col.

La Fondation suisse pour la protection et l’aménagement du paysage et Paysage Libre Suisse lancent l’alerte sur le risque que représente la construction de centrales éoliennes pour la mise en valeur du patrimoine. La menace est réelle car les mises à l’enquête sont imminentes pour les projets neuchâtelois et thurgovien. Au Grand Saint-Bernard, le Conseil d’Etat valaisan a carrément abandonné l’inscription à l’UNESCO de l’Hospice en levant les recours des ONG à l’édification du parc éolien de la combe de Barasson.

L’inquiétude des autorités de l’Etat du Bade-Würtemberg dans lequel se trouve l’île monastique de Reichenau est telle que son ministre de l’économie s’est directement adressé à Berne. Idem pour les autorités chaux-de-fonnières et locloises qui au travers de la commission d’experts du site UNESCO ont sollicité l’Office fédéral de la culture. Cette demande intervient dans un contexte assez particulier puisque les deux villes vont célébrer dès la fin juin et durant une année le 10ème anniversaire de l’inscription de l’urbanisme horloger à l’UNESCO.

Site UNESCO Urbanisme horloger La Chaux-de-Fonds – Le Locle

Pour les villes de La Chaux-de-Fonds et du Locle, les enjeux sont décisifs : trois parcs éoliens sont prévus à proximité : Crêt Meuron (Tête de Ran), Montperreux (La Vue-des-Alpes) et La Joux-du-Plâne (Quatre Bornes), soit au total 27 machines selon la planification cantonale.

La demande de permis de construire pour Crêt-Meuron et la mise à l’enquête du projet des Quatre Bornes pourraient intervenir durant la deuxième moitié de 2019 déjà. Seul le projet de Montperreux semble être « en retard », mais il avance lui aussi. L’impact paysager est substantiel et pose problème eu égard au classement UNESCO des deux villes, car certaines machines sont situées à moins de 4 km des zones centrales du site.

A droite sur l’image : projets de centrales éoliennes de Crêt-Meuron, Montperreux, et La Joux-du-Plâne.
A gauche : en rouge : bien du patrimoine mondial. En bleu : zone tampon

Projet éolien Distance bien du patrimoine mondial Distance zone tampon
Crêt-Meuron ~ 3.6 km ~ 1.6 km
Montperreux ~ 3.6 km ~ 1.5 km
La Joux-du-Plâne ~ 8 km ~ 5 km

 

Mont Saint-Michel – une réaction exemplaire

En France, qui compte 44 sites inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco, dont 39 biens culturels, le Ministère de la Transition écologique a instauré des zones d’exclusion de l’éolien autour de ces sites. Cette politique est issue de la problématique soulevée en 2011 autour du site classé du Mont-Saint-Michel où finalement les projets de parcs éoliens situés jusqu’à 25 km de distance ont été abandonnés suite à un rapport négatif d’une mission d’expertise de l’UNESCO.

En Allemagne également et malgré la transition énergétique menée à marche forcée, divers projets de parcs éoliens ont été abandonnés car trop proches de sites culturels et paysagers emblématiques, raison pour laquelle ils ont été classés au patrimoine mondial de l’UNESCO.

La Suisse ne peut se permettre de faire l’économie d’une réflexion identique. Les organisations environnementales appellent à une prise en compte sérieuse des risques que représentent les projets de centrales éoliennes sur la pérennité des sites classés.

2018: une année médiocre pour la production d’énergie éolienne en Suisse

En 2018, la production des grandes éoliennes suisses s’est élevée à 121 gigawattheures (GWh), soit 7.97% de moins qu’en 2017 (132 GWh). Elle représente 0.196% de la consommation totale d’électricité suisse (61’900 GWh). Les chiffres de production sont publiés sur wind-data.ch, un portail sur l’énergie éolienne exploité pour le compte de l’OFEN. Nous avons pris en compte toutes les éoliennes des parcs éoliens d’une puissance installée totale de plus d’un megawatt (36 éoliennes, sans changement par rapport à l’année précédente).

Entlebuch

(c) Pixabay

Le facteur de charge (qui correspond au nombre d’heures à pleine charge par an, ou en d’autres termes l’utilisation de la capacité) reflète le potentiel éolien existant et s’établit en moyenne à 18.4% en 2018 (19.2% l’année précédente). Au bas de l’échelle on trouve, comme l’année précédente, le parc éolien de Gries situé au col du Nufenenen, le plus haut parc éolien en Europe. Le facteur de charge y était de 6.4% (9.5% pour cent l’année précédente), soit un niveau sensationnellement bas. Comme l’ont récemment rapporté les médias, le parc éolien connaît des difficultés financières: voir ici). Les opérateurs avaient prévu 13-14 GWh par an, mais la production de 2018 de 5.3 GWh est inférieure de 60% aux attentes. Seules les éoliennes de Feldmoos/Rengg dans l’Entlebuch (LU), sont pires encore que le parc de Gries, avec une utilisation de la capacité de 5.5% (année précédente : 7.6%).

Comme les années précédentes, les éoliennes du coude du Rhône dans le Canton du Valais ont été les plus performantes. Du rétrécissement de la vallée résulte un « effet turbo » et des conditions de vent supérieures à la moyenne. Les facteurs de charge s’élèvent ainsi à Martigny à 28.7%, à Collonges à 27.8% et à Charrat à 25.5%. Cependant, ces turbines sont des exceptions : aucune autre machine n’a réussi à atteindre un taux d’utilisation de la capacité clairement supérieur à 20 %. Sans les trois installations valaisannes, le facteur de charge aurait été de 15.1%.

Un facteur de charge d’environ 20% reste bien en dessous de la limite requise pour une utilisation efficace et économique de l’énergie éolienne. Les données confirment une fois de plus que la Suisse ne connaît pas des conditions de vent adaptées à la production d’énergie éolienne. Le potentiel de l’énergie éolienne en Suisse est et restera faible, des estimations réalistes le situent à moins de 2% de la production d’électricité. L’énergie éolienne ne peut donc pas apporter une contribution substantielle à l’approvisionnement en électricité. Quant à ses impacts sur le paysage, sur l’homme et la nature, ils sont disproportionnés.

www.parcs-eoliens.ch : enfin une image réaliste des parcs éoliens prévus en Suisse

L’Association Paysage Libre Suisse lance une nouvelle plate-forme : www.parcs-eoliens.ch. Le portail offrira des visualisations 3D réalistes de toutes les éoliennes prévues en Suisse avec des rotors rotatifs le jour et les feux rouges clignotants la nuit. Pour la première fois, la population suisse peut se faire une idée concrète de ce que signifierait la construction de 850 éoliennes prévues en Suisse. Le lancement de la nouvelle plateforme marque le début du crowdfunding pour financer son développement.

Environ 850 installations éoliennes sont prévues en Suisse. La plupart auraient une hauteur de plus de 200 m (230 m à Bavois VD), une hauteur dont il est difficile de se rendre compte. Il n’existe actuellement aucune éolienne de cette taille en Suisse, les éoliennes de Mont Crosin dans le Jura bernois ont une hauteur maximale de 150 m et le bâtiment le plus haut de Suisse 180 m.

Jusqu’à présent, personne ne pouvait imaginer à quoi ressemblaient de telles centrales industrielles géantes dans des endroits exposés en Suisse. Le jour, les rotors en mouvement de plus de 120 m de diamètre attirent l’attention. La nuit, plusieurs feux rouges clignotent sur chaque machine. Les photomontages des promoteurs de parcs éoliens montrent souvent les éoliennes fondues dans un ciel blanc, masquées derrière des arbres, des clôtures ou des vaches, de sorte que les éoliennes semblent presque mignonnes voire ne sont pas visibles du tout.

Paysage Libre Suisse publie aujourd’hui le nouveau portail www.parcs-eoliens.ch avec de premières centrales éoliennes. A l’avenir, toutes les éoliennes prévues en Suisse seront visibles sur ce portail par des visualisations 3D réalistes. Il y a actuellement trois vidéos sur le portail (parcs éoliens de la Linth GL, Bavois VD et dans l’Oberland bernois). D’autres visualisations des parcs éoliens entre le Chasseron et le Creux du Van (VD/NE, plus de 60 éoliennes), dans le Val de Travers (NE, 40 machines), à Soleure et bien d’autres suivront prochainement.

Pour la réalisation des visualisations 3D, le paysage de la Suisse a été reproduit de manière réaliste sous la forme d’un modèle de surface tridimensionnel. La fédération Paysage Libre Suisse, reconnue d’utilité publique, a développé son propre logiciel pour transformer les géodonnées de l’Office fédéral de topographie en un modèle de terrain. Pour le seul canton de Vaud, plus de 90 milliards de points individuels ont dû être transformés en un modèle de terrain.

Afin de financer les coûts de développement de l’infrastructure, Paysage Libre Suisse lance la semaine prochaine le crowdfunding sur le portail We make it !. Ce montant est destiné à couvrir environ la moitié de l’investissement. Nous espérons qu’un montant de plus de CHF 10’000, sera collecté dans les 30 jours.

Plaine de la Linth: End of Story

Le parlement du Canton de Glaris dit non à plus de 55% au parc éolien LinthWind dans la plaine de la Linth (GL / SZ / SG) et enterre définitivement le projet. C’est grâce à l’association Linth-GegenWind affiliée à Paysage Libre Suisse que les nombreuses réserves naturelles menacées de la zone touchée seront préservées et que la porte d’entrée dans le pays glaronnais ne sera pas défigurée par des tours de 200 mètres. Les grandes centrales éoliennes de Suisse orientale sont de plus en plus sous le feu de la critique.

 

(c) PLCH / FLCH

Après un débat intense, le parlement du Canton de Glaris a décidé le 25 avril, par 30 voix contre 24, de suivre la proposition du Conseil d’Etat et de retirer le projet de parc éolien LinthWind du plan directeur. Cela signifie que la zone industrielle éolienne autour du village de Bilten, dans la commune de Glaris-Nord, est définitivement abandonnée.

Le Parti démocrate chrétien (PDC) de l’ancienne conseillère fédérale Doris Leuthard a voté à l’unanimité contre le parc éolien. Une opposition de centre-gauche a tenté sans succès de sauver la réalisation du gigantesque projet industriel de 5 éoliennes (de 200 m de haut chacune et un total de plus de 16.000 tonnes de matériaux de construction)

Cette expérience montre clairement que l’utilisation de l’énergie éolienne par les grandes turbines industrielles n’a pas d’avenir, surtout en Suisse orientale. L’impact sur la nature et le paysage est trop important et les répercussions sur la population locale insurmontables. Les dommages causés à la nature, au sol et à la santé sont plus importants que le rendement, sans parler des émissions dues à la construction et à l’élimination des turbines et des gigantesques fondations en béton armé de 2’500 tonnes. On est loin des énergies dites « vertes ».

Autant en emporte le vent

L’atlas des vents 2016 a disparu du site de l’Office fédéral de l’énergie OFEN. Début février, l’OFEN a publié l’Atlas des vents 2019, affirmant que «Par rapport à l’édition 2016, l’Atlas des vents 2019 affiche des vitesses du vent légèrement inférieures dans la plupart des régions». Un document de SuisseEnergie sur le même sujet révèle cependant le caractère explosif du nouvel atlas des vents. Les valeurs du vent de l’édition précédente étaient délibérément élevées pour remporter le vote sur la nouvelle loi sur l’énergie le 21 mai 2017.

(c) Michael Gaida Pixabay

Le communiqué de presse de l’OFEN du 7 février 2019 donne l’impression que les différences sont mineures et uniformément réparties dans tout le pays. Cependant, si l’on consulte le rapport publié sur mandat de l’OFEN le 28 novembre 2018 par SuisseEnergie sur la mise à jour de l’Atlas des vents de 2016 (« Analyse du potentiel de vent pour l’Atlas des vents – valeurs moyennes annuelles »), une image différente se dégage.

Dans la plupart des régions, la vitesse du vent est inférieure de 0,5 m/s à celle de l’Atlas des vents 2016. Dans les cantons de Thurgovie et de Vaud, où les projets éoliens sont nombreux, les vitesses du vent sont cependant « nettement inférieures » (citation). Il en va de même dans le sud du canton de St-Gall, dans le nord des Grisons, dans l’ouest du Valais et dans des parties du canton de Neuchâtel (p. 24).

«On savait que les valeurs de l’Atlas des vents 2016 étaient trop élevées dans ces régions. (…). Les vitesses excessives du vent de l’atlas 2016 ont été corrigées à la baisse dans la mise à jour. Pour des raisons de confidentialité, aucune carte des différences n’est affichée», peut-on lire dans le rapport de SuisseEnergie, réalisé sur mandat de l’OFEN.

La protection des données est désormais invoquée pour justifier la disparition de l’Atlas des vents 2016. Il s’agit ni plus ni moins de cacher à la population que les valeurs de l’atlas 2016 étaient délibérément élevées pour donner une image trompeuse du potentiel de l’énergie éolienne en Suisse.

Des différences de 0,5 m/s ou plus peuvent sembler minimes. Elles sont cependant déterminantes pour évaluer le potentiel de l’énergie éolienne et son rendement : la production d’électricité d’une éolienne diminue au cube de la baisse de vitesse du vent. Si un projet éolien était prévu initialement avec des valeurs moyennes annuelles de vent de 5,5 à 6,0 m/s et une production électrique de 166 à 216 GWh, le même projet avec 5,0 à 5,5 m/s ne produirait que 125 à 166 GWh. La production serait ainsi réduite de 25%. Certains projets voient même leur prévision de production chuter de 50%.

Le nouvel Atlas des vents 2019 contient encore de très grandes incertitudes. Dans le Jura et les contreforts des Alpes, la variation est de +/- 0,5 m/s, sur le Plateau central de 0,7 m/s, et même de 1,3 m/s dans la région alpine.

Lorsque des divergences présentées par l’OFEN comme étant mineures entraînent de telles conséquences, plusieurs questions se posent :

– Comment expliquer les différences des valeurs officielles du vent entre 2004 et 2019 ?
– Pourquoi l’Atlas des vents 2016 a-t-il disparu du site internet de l’OFEN, empêchant toute comparaison avec l’Atlas des vents 2019?
– Pourquoi a-t-on « convenu de garder secrets les emplacements des statistiques de vent utilisées » (citation, p. 14) ?
– Pourquoi la population suisse ne peut-elle pas savoir où se situent les différences marquantes ?

Toute personne, en tant que contribuable, consommatrice d’électricité ou même riveraine d’un projet de parc éolien, est affectée par les conséquences des différentes mesures du vent et a le droit à un accès à l’information en vertu du principe de transparence.

Rapport SuisseEnergie (en allemand): lien
Communiqué de presse de l’OFEN: lien

La Commune de Court rejette les éoliennes et dit OUI à un cadre de vie préservé

La voix de la raison l’a emporté dans la Commune de Court, dans le Jura bernois. Les citoyennes et les citoyens ont rejeté à hauteur de 70% la construction du parc éolien de Montoz-Pré Richard. Le projet est enterré. Paysage Libre Suisse salue ce signal clair en faveur du paysage et de la protection de nos zones de détente.

Ils étaient 325 citoyennes et citoyens à se rendre à l’assemblée communale lundi soir pour se prononcer sur le projet éolien de Montoz-Pré Richard. Le vote sur le plan de quartier constituait pour le promoteur Energie Service Bienne un passage obligé pour poursuivre le projet. Après une heure trente de débats, un verdict clair est tombé : 70% des citoyennes et citoyens ont refusé de construire une zone d’industrie éolienne sur les hauteurs de leur village.

Le projet prévoyait l’installation de 7 machines pouvant culminer à 200 mètres de haut, beaucoup plus que les turbines déjà en service dans l’Arc jurassien. Avec les six installations supplémentaires prévues juste à côté à la Montagne de Granges, une zone de production industrielle d’énergie de 13 installations aurait vu le jour.

La votation de Court témoigne clairement du refus de la population de sacrifier son cadre de vie pour une énergie aléatoire au rendement dérisoire, responsable d’un mitage massif de notre territoire et de l’industrialisation du paysage. Sans parler du démantèlement et du recyclage futur des éoliennes, un problème sans réponse pour l’instant. Ce sont des alternatives respectueuses de l’environnement comme la biomasse ou le solaire que sollicite la population, pas une fausse solution coûteuse et inutile.

Le verdict de Court montre aussi que la population n’est pas prête à sacrifier ses derniers espaces de liberté. Dans un environnement économique toujours plus stressant et exigeant, les lieux de détente permettant de se ressourcer et de pratiquer des activités sportives douces deviennent chaque jour plus importants. La récente mobilisation pour le climat montre que la jeunesse attache beaucoup d’importance à son avenir dans un environnement préservé.

En savoir plus sur RJB: lien

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