Deux parcs éoliens en moins en Suisse

Après le parc éolien de Murzelen près de la ville de Berne, le site éolien prévu à Muttenz près de la ville de Bâle a également été enterré hier. La Suisse alémanique compte désormais deux parcs éoliens en moins. L’énergie éolienne joue donc un rôle de plus en plus réduit dans la stratégie énergétique 2050.

(c) Paysage Libre Suisse

Dans le village de Murzelen, qui appartient à la commune de Wohlen près de Berne, quatre éoliennes d’une hauteur de 240 mètres étaient prévues. Il y a quelques semaines, le conseil communal a décidé de ne pas soumettre à la conférence régionale une demande d’inclusion dans le plan directeur.

La résistance de la population semble avoir été trop forte après que Paysage Libre Suisse a publié une vidéo 3D du projet de parc éolien sur www.parcs-eoliens.ch. Les quatre turbines prévues auraient été situées directement devant le village de Murzelen et auraient causé des désavantages considérables tant au niveau du paysage, du bruit que de des ombres portées.

Comme le montrent des études réalisées en Allemagne, les propriétés situées à une telle distance des éoliennes prévues perdent environ 7% de leur valeur. Il n’y aura donc pas de parc éolien près de la ville de Berne dans les prochaines années. À l’est de la capitale, le site du parc éolien de Vechigen a également été suspendu il y a quelques années.

Près de la ville de Bâle, un autre site éolien a été victime des réticences justifiées de la population hier : la centrale éolienne de Muttenz. L’assemblée municipale (législatif) a rejeté le projet de construction à 55%. Intermittence du vent, bruit, faible rentabilité : la population s’est montrée très critique lors de l’assemblée. En outre, il serait possible de produire la quantité d’électricité prévue par le développeur du projet en utilisant l’énergie solaire, ce qui ne poserait aucun problème en termes de bruit ou de protection du paysage. L’agglomération bâloise compte suffisamment de toitures pour développer le photovoltaïque sans les nuisances de l’éolien. C’est dans ce sens que s’est exprimée la majorité de l’assemblée municipale.

L’énergie éolienne s’essouffle progressivement de l’autre côté du Röstigraben. La Suisse alémanique compte désormais moins de douze sites où un projet est activement planifié. Plus de 14 parcs éoliens ont été refusés ou suspendus en Suisse au cours des cinq dernières années, dont douze en Suisse alémanique. En Suisse romande, il reste actuellement une quinzaine de sites avec des projets en phase de planification avancée, et deux autres ont été abandonnés au cours des trois dernières années.

Les politiciens doivent en prendre conscience : plus les ambitions éoliennes du gouvernement s’éternisent, plus l’acceptation de cette énergie au sein de la population s’amenuise. L’énergie solaire a un potentiel 50 fois supérieur à celui de l’énergie éolienne, et sept fois supérieur en hiver. Et avec un autre avantage : une large acceptation de la part de la population.

Vous trouvez une vue d’ensemble de l’éolien en Suisse sur le site www.parcs-eoliens.ch.

Les éoliennes s’imposent dans le paysage politique fribourgeois

Les éoliennes se sont invitées dans les élections communales fribourgeoises du 7 mars 2021. L’affaire des conventions secrètes du promoteur Groupe E avec différentes communes ont grandement contribué à médiatiser les ambitions éoliennes du Canton, à savoir la construction prévue de 7 parcs éoliens à côté des localités. Une vidéo exclusive montre l’impact paysager du parc de La Sonnaz, situé aux portes de la ville de Fribourg.

(c) Paysage Libre Suisse

(c) Paysage Libre Suisse

 La capitale cantonale fribourgeoise verra tourner les hélices de la centrale éolienne industrielle de La Sonnaz, comme le montre une vidéo publiée par Paysage Libre Suisse. Les 8 éoliennes géantes de 200 mètres en bout de pales prévues par Groupe E ont déjà levé un vent de contestation dans les communes concernées, Courtepin, La Sonnaz ou encore Belfaux, où une association s’est créée pour lutter contre un projet qui n’a rien à voir avec l’écologie prônée par la transition énergétique : les milliers de tonnes de béton et de ferraille coulés à tout jamais dans le sol, les forêts rasées et les atteintes à la biodiversité ne se justifient pas par la production électrique prévue, faible et aléatoire.

Révélées par des personnalités politiques du Canton, les conventions secrètes de Groupe E avec différentes communes ont suscité une réaction massive de la population, qui peinent à comprendre pourquoi l’essor des énergies renouvelables passe par des démarches aussi peu démocratiques. En publiant ce photomontage dynamique, Paysage Libre Suisse tient à informer la population sur la réalité d’une centrale éolienne dont les conséquences sont soigneusement passées sous silence par le promoteur, mais qui va fortement toucher toute la région comprise entre Fribourg, Payerne et Morat.

« Avec ce projet d’éoliennes situées en plaine, à proximité immédiate d’habitations et dans des zones de détente, on doit constater que les intérêts économiques ont pris le pas sur ceux de la population », déclare Antoinette de Weck, députée PLR, membre du comité de Paysage Libre Suisse.

La vidéo est disponible ici : https://youtu.be/m6141otgu8s

Les vidéos dynamiques de Paysage Libre Suisse

Composé de survols virtuels 3D et de photomontages dynamiques, les visualisations de Paysage Libre Suisse sont réalisées au moyen d’un logiciel spécialement conçu pour exploiter les géodonnées 3D de Swisstopo. L’ensemble des indications des plans directeurs, sont scrupuleusement pris en compte. Les emplacements et l’altitude au sol de chaque machine ainsi que le choix du modèle d’éolienne correspondent aux données des promoteurs. La taille des rotors, les ombres portées, les balises nocturnes, l’emprise sur le paysage sont fidèles à ce qui attend les habitants de la région concernée.

25 vidéos ont déjà été réalisées, qui sont disponibles sur le site: www.parcs-eoliens.ch

 

La Commune de Sonvilier refuse les éoliennes et donne un signal à la Suisse entière

Les habitants de Sonvilier ont donné un signal à la Suisse entière : en refusant le projet de parc éolien des « Quatre Bornes », la commune du Jura bernois montre que la population suisse ne veut plus de ces machines géantes qui détruisent leur cadre de vie tout en engloutissant des subventions à haute dose. Paysage Libre Suisse demande aux autorités fédérales de revoir la stratégie énergétique 2050 et d’élaborer un plan de sortie de l’éolien.

Les dix machines allant jusqu’à 207 mètres de haut prévues à côté du Chasseral ne se feront pas. Ainsi en a décidé la population de Sonvilier qui a montré qu’elle ne comptait pas succomber aux arguments émotionnels des défenseurs du projet, qui promettaient ni plus ni moins l’autonomie énergétique, le sauvetage du climat, l’amélioration du paysage et de la biodiversité. Déjà en difficulté partout en Suisse, l’éolien est aujourd’hui frappé de plein fouet.

Le verdict de Sonvilier constitue aussi un coup dur pour le promoteur Groupe E Greenwatt, à la tête de plusieurs projets éoliens en Suisse, qui sont tous dans une situation critique. Depuis des années, des sommes gigantesques sont englouties en pure perte dans des études d’impact sans lendemain, où on essaie de faire croire aux autorités et à la population que l’installation de ces géants se fait sans nuisance et dans le respect des réglementations.

« Jusqu’à présent, surtout la Suisse alémanique s’opposait aux centrales éoliennes. Désormais, c’est au tour de la Suisse romande de ne trouver aucune raison valable de construire ces machines », estime Elias Meier, président de Paysage Libre Suisse. Entre les colossales subventions aux promoteurs, les dégâts au paysage et à la biodiversité et les nuisances infligées aux riverains, le diagnostic est clair : la sortie du nucléaire devra se passer des hélices.

Paysage Libre Suisse demande aux autorités fédérales de revoir l’objectif de production de 4 térawattheures annuels, soit les quelque 1’000 éoliennes nécessaires selon la stratégie énergétique. Les alternatives sont là, elles s’appellent photovoltaïque, et biomasse, en plus du pilier traditionnel de la production électrique suisse que constitue l’hydraulique. Le photovoltaïque peut être installé rapidement, il est bien meilleur marché, ne suscite pas d’opposition, il est stockable sur place et en plus il fait vivre les entreprises locales. « L’éolien est une idée éculée des années 1990 ; vu les nuisances croissantes qu’imposent ces machines toujours plus grandes, il faut raisonnablement tourner la page et opter pour une solution plus écologique », explique Michel Fior, secrétaire général.

De récentes études confirment qu’une sortie du nucléaire est tout à fait possible sans éolienne. Paysage Libre Suisse lance un appel à une transition énergétique respectueuse des gens, de l’environnement et de l’économie, comme la constitution suisse l’exige.

 

Vent contraire pour les éoliennes de Zoug et du Toggenbourg

Dans sa réponse à une interpellation concernant l’énergie éolienne, le gouvernement cantonal de Zoug a réitéré sa position négative sur l’énergie éolienne au début du mois de décembre 2019. Dans le même temps, la Commission fédérale pour la protection de la nature et du paysage CFNP recommande de ne pas poursuivre le projet de centrale éolienne de Krinau dans le Toggenbourg (SG). L’opposition en Suisse alémanique est plus forte que jamais.

Krinau (Toggenburg)

Krinau (Toggenburg), (c) Paysage Libre Suisse

Dans sa réponse du 10 décembre 2019, le gouvernement cantonal de Zoug déclare en introduction que le concept éolien de la Confédération ne devait pas permettre de procéder à une pesée des intérêts, car il s’agit d’une question de planification cantonale. Comme décidé dans le cadre de l’élaboration du plan directeur cantonal de 2015, le canton ne soutient pas les grandes éoliennes. Les zones figurant à l’inventaire fédéral des paysages IFP, les marais et les réserves naturelles communales ou cantonales sont absolument exclues. Les zones forestières sont également considérées à première vue comme des zones d’exclusion. Le gouvernement cantonal ne voit guère de zones propices aux éoliennes. Il n’y a guère de potentiel pour l’énergie éolienne.

La position du canton est incontestée tant au sein de la Commission de l’aménagement du territoire et de l’environnement qu’au Grand Conseil. Le gouvernement cantonal n’envisage donc pas d’autres clarifications. De plus, en raison des mauvais résultats des mesures du vent, aucun producteur d’énergie du canton de Zoug n’est intéressé par l’utilisation de l’énergie éolienne.

Quelques jours avant la lettre du Conseil d’Etat de Zoug, la Commission fédérale pour la protection de la nature et du paysage CFNP a rendu son verdict sur le projet de parc éolien de Krinau dans le Canton de Saint-Gall. Le document qui a été rendu public le 4 février 2020 précise que les turbines “seraient visibles en tant qu’infrastructures techniques dominantes depuis les différentes crêtes et sommets du périmètre paysager protégé [Hörnli-Bergland] et, elles perturberaient massivement la vue jusqu’alors dégagée sur les crêtes, arêtes et sommets du secteur figurant à l’inventaire fédéral des paysages”.

En conclusion, la CFNP écrit : “La Commission conclut que le projet doit être considéré comme une atteinte grave au regard des objectifs de protection de l’objet IFP n° 1420, qui est directement adjacente à la zone du projet. Il recommande donc de ne pas poursuivre le projet”.

Paysage Libre Suisse appelle le canton de Saint-Gall à abandonner immédiatement le projet de centrale éolienne de Krinau. La protection du paysage est une priorité dans notre pays densément peuplé et urbanisé. Le canton de Zoug adopte une approche exemplaire et met en œuvre de manière conséquente la demande de préserver les paysages protégés au niveau national. La zone IFP menacée “Hörnli-Bergland” est particulièrement appréciée en tant que zone de loisirs par la population du canton de Zurich, et est extrêmement précieuse pour la biodiversité.

Réponse du Conseil d’Etat de Zoug (en allemand): lien
Rapport de la CFNP (en allemand): lien

C’est la fin pour la centrale éolienne de Surselva aux Grisons

Après les échecs successifs des projets éoliens de LinthWind à Glaris en début 2019, de Rheinau près de Sargans (St.-Gall) et d’Oberegg en Appenzell, le parc éolien de Lumnezia dans la Surselva est désormais enterré. Près de 60% des citoyennes et citoyens de la commune de Lugnez se sont prononcés contre le principe d’une centrale éolienne dans la région de Surselva aux Grisons. Le taux de participation a largement dépassé les 50%.

(c) Commune Lumnezia

Membre de Paysage Libre Suisse, l’association IG Sezner-UmSu-Grenerberg a mis en garde contre les conséquences négatives du parc éolien sur l’environnement, le tourisme et la qualité de vie dans la région de Surselva. Le projet prévoyait la construction de 18 machines à une altitude comprise entre 2’000 et 2’500 mètres, dans un site naturel réputé pour ses paysages uniques.

L’électorat ne s’est pas laissé influencer par les arguments des promoteurs, selon lesquels le projet aurait amené beaucoup d’argent à la communauté et six (sic) nouveaux emplois. Le projet de centrale éolienne est donc mort. Paysage Libre Suisse félicite les bénévoles qui se sont engagés dans ce long combat et se réjouit de la préservation d’un joyau paysager connu à l’échelle internationale.

En Suisse orientale, de nombreux projets de centrales éoliennes ont été stoppés ces derniers mois. Si le canton de Zurich et le Land autrichien du Vorarlberg ont renoncé à tout projet éolien, les cantons de Saint-Gall, Schaffhouse et Glaris n’en prévoient chacun qu’un seul. Sur la rive allemande du lac de Constance, une distance minimale de 2000 mètres est en vigueur en Bavière et de 1000m en planification au niveau fédéral, ce qui limite considérablement les projets dans la région. Aux Grisons, une seule installation de quelques machines est encore en discussion vers Coire, à côté de l’éolienne déjà en service. En Appenzell, le projet controversé d’Oberegg a été rejeté par les deux demi-cantons et d’autres projets ne sont pas en vue à moyen terme.

Seul le canton de Thurgovie prévoit encore de construire de grandes éoliennes en Suisse orientale, à savoir sept centrales pour un total d’une bonne trentaine de turbines. Si la Thurgovie devait elle aussi renoncer à la construction de grandes éoliennes industrielles, il ne resterait plus que l’Arc jurassien, la région du Mittelland (Lucerne, Argovie, Berne) et la Suisse romande pour envisager une industrialisation à grande échelle du paysage suisse.

Paysage Libre Suisse travaille actuellement à la visualisation des parcs éoliens prévus en Suisse. Les vidéos déjà créées peuvent être vues sur le site www.parcs-eoliens.ch. D’autres vidéos suivront.

« C’est qu’y a des gros sous à se faire, mais pas pour les p’tites gens d’ici » : Michel Bühler frappe à la porte de la Suisse alémanique

A 74 ans, après avoir chanté dans le monde entier, Michel Bühler frappe à la porte de la Suisse alémanique. Et pas sans raison : attaché aux montagnes jurassiennes autant qu’à la langue française, il poursuit son combat contre l’industrialisation de nos paysages par les « actionnaires » de l’écologie. Sous le titre Windturbinen, il sort aujourd’hui la version allemande de sa chanson Eoliennes.

Michel Bühler (c) Lauren Pasche

Nul besoin de présenter Michel Bühler aux Romands. L’auteur-interprète de Ste Croix a près de trois cents chansons et une dizaine de récits, romans et pièces à son actif. Connu en outre pour son engagement social et politique, il a reçu en 2013 le prix Jacques-Douai.

Dans son album de 2016, la chanson « Eoliennes » traduit à merveille l’opportunisme avec lequel les promoteurs éoliens, sous couvert d’écologie et de progrès, s’apprêtent à sacrifier la nature, le paysage et la santé humaine. Avec un joli pactole à la clé : les subventions.

Contacté récemment par Paysage Libre Suisse, Michel Bühler a accepté avec enthousiasme d’enregistrer une version de cette chanson en langue allemande. « Malgré mon patronyme, je me sens plus à l’aise dans la langue de Gilles Vigneault que de Mani Matter. Chanter en allemand fut un véritable défi ! », dit-il en riant à la sortie du studio d’enregistrement.

« Eoliennes » est un récit lucide sur le fonctionnement de notre monde néolibéral où tout finit par être récupéré par l’économie pour devenir une source de profit. L’éolien traduit à merveille ce business vert. Des turbines industrielles, bruyantes et destructrices du patrimoine et de la biodiversité nous sont « vendues » comme de gracieuses fées qui vont sauver la planète et l’humanité. Loin de la pensée unique du monde moderne, « Eoliennes » est un espace de réflexion et de lucidité. Un regard vers le futur.

« Windturbinen » de Michel Bühler (allemand): écouter.
« Eoliennes » de Michel Bühler (français): écouter.

Adaptation allemande: Walter Bohnenblust et Hermine Weidmann.

Sauver la planète sans éoliennes

Selon une étude scientifique rendue publique hier et reprise par de nombreux médias, la Suisse peut atteindre les objectifs de l’Accord de Paris grâce à des mesures simples et uniquement grâce à l’énergie solaire. La transition énergétique est ainsi possible sans altérer le paysage et la biodiversité. Le recours à des centrales éoliennes s’avère désormais inutile et même contre-productif. Paysage Libre Suisse se réjouit de ce constat et appelle à un « reset » de la stratégie énergétique 2050.

(c) Pixabay

(c) Pixabay

Les chiffres issus de l’étude 2019 sur les bâtiments à énergie positive indiquent que les excédents de production d’électricité solaire, en combinaison avec des centrales de pompage-turbinage, sont plus que suffisants pour approvisionner en énergie la totalité du secteur des bâtiments et du transport avec de l’électricité neutre en CO2 en Suisse. Les toitures solaires permettraient de réduire les émissions de CO2 de 90% !

Ces mesures, décrites comme simples, montrent à quel point la stratégie énergétique 2050 fait fausse route. L’étude prouve ainsi que grâce au solaire :

– la quasi-totalité des émissions de CO2 peut être éliminée ;
– la sortie du nucléaire est assurée ;
– le paysage et la biodiversité sont entièrement préservés.

Paysage Libre Suisse voit une série d’autres avantages à un changement de paradigme en matière de transition énergétique :

– Les subventions (rétributions à l’injection) allouées aux installations solaires pour chaque kilowattheure injecté sont pour ainsi dire la moitié de celles accordées aux centrales éoliennes.
– En mettant l’accent sur le solaire, ce sont les PME suisses qui sont à l’œuvre plutôt que les fabricants allemands d’éoliennes.

La transition énergétique peut donc être bonne pour l’économie en plus de préserver le climat et de nous débarrasser du nucléaire.

L’étude publiée ce jour va dans le sens du Plan Marshall du Parti socialiste pour la transition énergétique : le recours à l’énergie éolienne y est partout absent, preuve de son inutilité. Paysage Libre Suisse salue ce changement d’orientation et invite la nouvelle Cheffe du Département fédéral de l’énergie à le mettre en œuvre dans ses services.

Un « reset » de la stratégie énergétique 2050 ouvre la voie à une transition énergétique compatible avec l’environnement. Plus rien ne justifie le recours aux installations éoliennes, qui appartiennent désormais au passé.

Vers l’étude: lien.

Parcs éoliens – menaces sur les sites UNESCO

La pérennité de la reconnaissance des sites inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO de La Chaux-de-Fonds – Le Locle et de l’île de Reichenau sur le Rhin est directement menacée par des projets de parcs éoliens planifiés à proximité immédiate sur les crêtes des environs de la Vue-des-Alpes et sur les collines de Thurgovie. En Valais, l’Hospice du Grand Saint-Bernard, présent depuis 2016 sur la liste indicative à la candidature établie par la Confédération ne répond plus aux critères de protection en raison d’un projet de parc éolien aux abords du col.

La Fondation suisse pour la protection et l’aménagement du paysage et Paysage Libre Suisse lancent l’alerte sur le risque que représente la construction de centrales éoliennes pour la mise en valeur du patrimoine. La menace est réelle car les mises à l’enquête sont imminentes pour les projets neuchâtelois et thurgovien. Au Grand Saint-Bernard, le Conseil d’Etat valaisan a carrément abandonné l’inscription à l’UNESCO de l’Hospice en levant les recours des ONG à l’édification du parc éolien de la combe de Barasson.

L’inquiétude des autorités de l’Etat du Bade-Würtemberg dans lequel se trouve l’île monastique de Reichenau est telle que son ministre de l’économie s’est directement adressé à Berne. Idem pour les autorités chaux-de-fonnières et locloises qui au travers de la commission d’experts du site UNESCO ont sollicité l’Office fédéral de la culture. Cette demande intervient dans un contexte assez particulier puisque les deux villes vont célébrer dès la fin juin et durant une année le 10ème anniversaire de l’inscription de l’urbanisme horloger à l’UNESCO.

Site UNESCO Urbanisme horloger La Chaux-de-Fonds – Le Locle

Pour les villes de La Chaux-de-Fonds et du Locle, les enjeux sont décisifs : trois parcs éoliens sont prévus à proximité : Crêt Meuron (Tête de Ran), Montperreux (La Vue-des-Alpes) et La Joux-du-Plâne (Quatre Bornes), soit au total 27 machines selon la planification cantonale.

La demande de permis de construire pour Crêt-Meuron et la mise à l’enquête du projet des Quatre Bornes pourraient intervenir durant la deuxième moitié de 2019 déjà. Seul le projet de Montperreux semble être « en retard », mais il avance lui aussi. L’impact paysager est substantiel et pose problème eu égard au classement UNESCO des deux villes, car certaines machines sont situées à moins de 4 km des zones centrales du site.

A droite sur l’image : projets de centrales éoliennes de Crêt-Meuron, Montperreux, et La Joux-du-Plâne.
A gauche : en rouge : bien du patrimoine mondial. En bleu : zone tampon

Projet éolien Distance bien du patrimoine mondial Distance zone tampon
Crêt-Meuron ~ 3.6 km ~ 1.6 km
Montperreux ~ 3.6 km ~ 1.5 km
La Joux-du-Plâne ~ 8 km ~ 5 km

 

Mont Saint-Michel – une réaction exemplaire

En France, qui compte 44 sites inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco, dont 39 biens culturels, le Ministère de la Transition écologique a instauré des zones d’exclusion de l’éolien autour de ces sites. Cette politique est issue de la problématique soulevée en 2011 autour du site classé du Mont-Saint-Michel où finalement les projets de parcs éoliens situés jusqu’à 25 km de distance ont été abandonnés suite à un rapport négatif d’une mission d’expertise de l’UNESCO.

En Allemagne également et malgré la transition énergétique menée à marche forcée, divers projets de parcs éoliens ont été abandonnés car trop proches de sites culturels et paysagers emblématiques, raison pour laquelle ils ont été classés au patrimoine mondial de l’UNESCO.

La Suisse ne peut se permettre de faire l’économie d’une réflexion identique. Les organisations environnementales appellent à une prise en compte sérieuse des risques que représentent les projets de centrales éoliennes sur la pérennité des sites classés.

2018: une année médiocre pour la production d’énergie éolienne en Suisse

En 2018, la production des grandes éoliennes suisses s’est élevée à 121 gigawattheures (GWh), soit 7.97% de moins qu’en 2017 (132 GWh). Elle représente 0.196% de la consommation totale d’électricité suisse (61’900 GWh). Les chiffres de production sont publiés sur wind-data.ch, un portail sur l’énergie éolienne exploité pour le compte de l’OFEN. Nous avons pris en compte toutes les éoliennes des parcs éoliens d’une puissance installée totale de plus d’un megawatt (36 éoliennes, sans changement par rapport à l’année précédente).

Entlebuch

(c) Pixabay

Le facteur de charge (qui correspond au nombre d’heures à pleine charge par an, ou en d’autres termes l’utilisation de la capacité) reflète le potentiel éolien existant et s’établit en moyenne à 18.4% en 2018 (19.2% l’année précédente). Au bas de l’échelle on trouve, comme l’année précédente, le parc éolien de Gries situé au col du Nufenenen, le plus haut parc éolien en Europe. Le facteur de charge y était de 6.4% (9.5% pour cent l’année précédente), soit un niveau sensationnellement bas. Comme l’ont récemment rapporté les médias, le parc éolien connaît des difficultés financières: voir ici). Les opérateurs avaient prévu 13-14 GWh par an, mais la production de 2018 de 5.3 GWh est inférieure de 60% aux attentes. Seules les éoliennes de Feldmoos/Rengg dans l’Entlebuch (LU), sont pires encore que le parc de Gries, avec une utilisation de la capacité de 5.5% (année précédente : 7.6%).

Comme les années précédentes, les éoliennes du coude du Rhône dans le Canton du Valais ont été les plus performantes. Du rétrécissement de la vallée résulte un « effet turbo » et des conditions de vent supérieures à la moyenne. Les facteurs de charge s’élèvent ainsi à Martigny à 28.7%, à Collonges à 27.8% et à Charrat à 25.5%. Cependant, ces turbines sont des exceptions : aucune autre machine n’a réussi à atteindre un taux d’utilisation de la capacité clairement supérieur à 20 %. Sans les trois installations valaisannes, le facteur de charge aurait été de 15.1%.

Un facteur de charge d’environ 20% reste bien en dessous de la limite requise pour une utilisation efficace et économique de l’énergie éolienne. Les données confirment une fois de plus que la Suisse ne connaît pas des conditions de vent adaptées à la production d’énergie éolienne. Le potentiel de l’énergie éolienne en Suisse est et restera faible, des estimations réalistes le situent à moins de 2% de la production d’électricité. L’énergie éolienne ne peut donc pas apporter une contribution substantielle à l’approvisionnement en électricité. Quant à ses impacts sur le paysage, sur l’homme et la nature, ils sont disproportionnés.

www.parcs-eoliens.ch : enfin une image réaliste des parcs éoliens prévus en Suisse

L’Association Paysage Libre Suisse lance une nouvelle plate-forme : www.parcs-eoliens.ch. Le portail offrira des visualisations 3D réalistes de toutes les éoliennes prévues en Suisse avec des rotors rotatifs le jour et les feux rouges clignotants la nuit. Pour la première fois, la population suisse peut se faire une idée concrète de ce que signifierait la construction de 850 éoliennes prévues en Suisse. Le lancement de la nouvelle plateforme marque le début du crowdfunding pour financer son développement.

Environ 850 installations éoliennes sont prévues en Suisse. La plupart auraient une hauteur de plus de 200 m (230 m à Bavois VD), une hauteur dont il est difficile de se rendre compte. Il n’existe actuellement aucune éolienne de cette taille en Suisse, les éoliennes de Mont Crosin dans le Jura bernois ont une hauteur maximale de 150 m et le bâtiment le plus haut de Suisse 180 m.

Jusqu’à présent, personne ne pouvait imaginer à quoi ressemblaient de telles centrales industrielles géantes dans des endroits exposés en Suisse. Le jour, les rotors en mouvement de plus de 120 m de diamètre attirent l’attention. La nuit, plusieurs feux rouges clignotent sur chaque machine. Les photomontages des promoteurs de parcs éoliens montrent souvent les éoliennes fondues dans un ciel blanc, masquées derrière des arbres, des clôtures ou des vaches, de sorte que les éoliennes semblent presque mignonnes voire ne sont pas visibles du tout.

Paysage Libre Suisse publie aujourd’hui le nouveau portail www.parcs-eoliens.ch avec de premières centrales éoliennes. A l’avenir, toutes les éoliennes prévues en Suisse seront visibles sur ce portail par des visualisations 3D réalistes. Il y a actuellement trois vidéos sur le portail (parcs éoliens de la Linth GL, Bavois VD et dans l’Oberland bernois). D’autres visualisations des parcs éoliens entre le Chasseron et le Creux du Van (VD/NE, plus de 60 éoliennes), dans le Val de Travers (NE, 40 machines), à Soleure et bien d’autres suivront prochainement.

Pour la réalisation des visualisations 3D, le paysage de la Suisse a été reproduit de manière réaliste sous la forme d’un modèle de surface tridimensionnel. La fédération Paysage Libre Suisse, reconnue d’utilité publique, a développé son propre logiciel pour transformer les géodonnées de l’Office fédéral de topographie en un modèle de terrain. Pour le seul canton de Vaud, plus de 90 milliards de points individuels ont dû être transformés en un modèle de terrain.

Afin de financer les coûts de développement de l’infrastructure, Paysage Libre Suisse lance la semaine prochaine le crowdfunding sur le portail We make it !. Ce montant est destiné à couvrir environ la moitié de l’investissement. Nous espérons qu’un montant de plus de CHF 10’000, sera collecté dans les 30 jours.