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Vent contraire pour les éoliennes de Zoug et du Toggenbourg

Dans sa réponse à une interpellation concernant l’énergie éolienne, le gouvernement cantonal de Zoug a réitéré sa position négative sur l’énergie éolienne au début du mois de décembre 2019. Dans le même temps, la Commission fédérale pour la protection de la nature et du paysage CFNP recommande de ne pas poursuivre le projet de centrale éolienne de Krinau dans le Toggenbourg (SG). L’opposition en Suisse alémanique est plus forte que jamais.

Krinau (Toggenburg)

Krinau (Toggenburg), (c) Paysage Libre Suisse

Dans sa réponse du 10 décembre 2019, le gouvernement cantonal de Zoug déclare en introduction que le concept éolien de la Confédération ne devait pas permettre de procéder à une pesée des intérêts, car il s’agit d’une question de planification cantonale. Comme décidé dans le cadre de l’élaboration du plan directeur cantonal de 2015, le canton ne soutient pas les grandes éoliennes. Les zones figurant à l’inventaire fédéral des paysages IFP, les marais et les réserves naturelles communales ou cantonales sont absolument exclues. Les zones forestières sont également considérées à première vue comme des zones d’exclusion. Le gouvernement cantonal ne voit guère de zones propices aux éoliennes. Il n’y a guère de potentiel pour l’énergie éolienne.

La position du canton est incontestée tant au sein de la Commission de l’aménagement du territoire et de l’environnement qu’au Grand Conseil. Le gouvernement cantonal n’envisage donc pas d’autres clarifications. De plus, en raison des mauvais résultats des mesures du vent, aucun producteur d’énergie du canton de Zoug n’est intéressé par l’utilisation de l’énergie éolienne.

Quelques jours avant la lettre du Conseil d’Etat de Zoug, la Commission fédérale pour la protection de la nature et du paysage CFNP a rendu son verdict sur le projet de parc éolien de Krinau dans le Canton de Saint-Gall. Le document qui a été rendu public le 4 février 2020 précise que les turbines “seraient visibles en tant qu’infrastructures techniques dominantes depuis les différentes crêtes et sommets du périmètre paysager protégé [Hörnli-Bergland] et, elles perturberaient massivement la vue jusqu’alors dégagée sur les crêtes, arêtes et sommets du secteur figurant à l’inventaire fédéral des paysages”.

En conclusion, la CFNP écrit : “La Commission conclut que le projet doit être considéré comme une atteinte grave au regard des objectifs de protection de l’objet IFP n° 1420, qui est directement adjacente à la zone du projet. Il recommande donc de ne pas poursuivre le projet”.

Paysage Libre Suisse appelle le canton de Saint-Gall à abandonner immédiatement le projet de centrale éolienne de Krinau. La protection du paysage est une priorité dans notre pays densément peuplé et urbanisé. Le canton de Zoug adopte une approche exemplaire et met en œuvre de manière conséquente la demande de préserver les paysages protégés au niveau national. La zone IFP menacée “Hörnli-Bergland” est particulièrement appréciée en tant que zone de loisirs par la population du canton de Zurich, et est extrêmement précieuse pour la biodiversité.

Réponse du Conseil d’Etat de Zoug (en allemand): lien
Rapport de la CFNP (en allemand): lien

C’est la fin pour la centrale éolienne de Surselva aux Grisons

Après les échecs successifs des projets éoliens de LinthWind à Glaris en début 2019, de Rheinau près de Sargans (St.-Gall) et d’Oberegg en Appenzell, le parc éolien de Lumnezia dans la Surselva est désormais enterré. Près de 60% des citoyennes et citoyens de la commune de Lugnez se sont prononcés contre le principe d’une centrale éolienne dans la région de Surselva aux Grisons. Le taux de participation a largement dépassé les 50%.

(c) Commune Lumnezia

Membre de Paysage Libre Suisse, l’association IG Sezner-UmSu-Grenerberg a mis en garde contre les conséquences négatives du parc éolien sur l’environnement, le tourisme et la qualité de vie dans la région de Surselva. Le projet prévoyait la construction de 18 machines à une altitude comprise entre 2’000 et 2’500 mètres, dans un site naturel réputé pour ses paysages uniques.

L’électorat ne s’est pas laissé influencer par les arguments des promoteurs, selon lesquels le projet aurait amené beaucoup d’argent à la communauté et six (sic) nouveaux emplois. Le projet de centrale éolienne est donc mort. Paysage Libre Suisse félicite les bénévoles qui se sont engagés dans ce long combat et se réjouit de la préservation d’un joyau paysager connu à l’échelle internationale.

En Suisse orientale, de nombreux projets de centrales éoliennes ont été stoppés ces derniers mois. Si le canton de Zurich et le Land autrichien du Vorarlberg ont renoncé à tout projet éolien, les cantons de Saint-Gall, Schaffhouse et Glaris n’en prévoient chacun qu’un seul. Sur la rive allemande du lac de Constance, une distance minimale de 2000 mètres est en vigueur en Bavière et de 1000m en planification au niveau fédéral, ce qui limite considérablement les projets dans la région. Aux Grisons, une seule installation de quelques machines est encore en discussion vers Coire, à côté de l’éolienne déjà en service. En Appenzell, le projet controversé d’Oberegg a été rejeté par les deux demi-cantons et d’autres projets ne sont pas en vue à moyen terme.

Seul le canton de Thurgovie prévoit encore de construire de grandes éoliennes en Suisse orientale, à savoir sept centrales pour un total d’une bonne trentaine de turbines. Si la Thurgovie devait elle aussi renoncer à la construction de grandes éoliennes industrielles, il ne resterait plus que l’Arc jurassien, la région du Mittelland (Lucerne, Argovie, Berne) et la Suisse romande pour envisager une industrialisation à grande échelle du paysage suisse.

Paysage Libre Suisse travaille actuellement à la visualisation des parcs éoliens prévus en Suisse. Les vidéos déjà créées peuvent être vues sur le site www.parcs-eoliens.ch. D’autres vidéos suivront.

« C’est qu’y a des gros sous à se faire, mais pas pour les p’tites gens d’ici » : Michel Bühler frappe à la porte de la Suisse alémanique

A 74 ans, après avoir chanté dans le monde entier, Michel Bühler frappe à la porte de la Suisse alémanique. Et pas sans raison : attaché aux montagnes jurassiennes autant qu’à la langue française, il poursuit son combat contre l’industrialisation de nos paysages par les « actionnaires » de l’écologie. Sous le titre Windturbinen, il sort aujourd’hui la version allemande de sa chanson Eoliennes.

Michel Bühler (c) Lauren Pasche

Nul besoin de présenter Michel Bühler aux Romands. L’auteur-interprète de Ste Croix a près de trois cents chansons et une dizaine de récits, romans et pièces à son actif. Connu en outre pour son engagement social et politique, il a reçu en 2013 le prix Jacques-Douai.

Dans son album de 2016, la chanson « Eoliennes » traduit à merveille l’opportunisme avec lequel les promoteurs éoliens, sous couvert d’écologie et de progrès, s’apprêtent à sacrifier la nature, le paysage et la santé humaine. Avec un joli pactole à la clé : les subventions.

Contacté récemment par Paysage Libre Suisse, Michel Bühler a accepté avec enthousiasme d’enregistrer une version de cette chanson en langue allemande. « Malgré mon patronyme, je me sens plus à l’aise dans la langue de Gilles Vigneault que de Mani Matter. Chanter en allemand fut un véritable défi ! », dit-il en riant à la sortie du studio d’enregistrement.

« Eoliennes » est un récit lucide sur le fonctionnement de notre monde néolibéral où tout finit par être récupéré par l’économie pour devenir une source de profit. L’éolien traduit à merveille ce business vert. Des turbines industrielles, bruyantes et destructrices du patrimoine et de la biodiversité nous sont « vendues » comme de gracieuses fées qui vont sauver la planète et l’humanité. Loin de la pensée unique du monde moderne, « Eoliennes » est un espace de réflexion et de lucidité. Un regard vers le futur.

« Windturbinen » de Michel Bühler (allemand): écouter.
« Eoliennes » de Michel Bühler (français): écouter.

Adaptation allemande: Walter Bohnenblust et Hermine Weidmann.

Sauver la planète sans éoliennes

Selon une étude scientifique rendue publique hier et reprise par de nombreux médias, la Suisse peut atteindre les objectifs de l’Accord de Paris grâce à des mesures simples et uniquement grâce à l’énergie solaire. La transition énergétique est ainsi possible sans altérer le paysage et la biodiversité. Le recours à des centrales éoliennes s’avère désormais inutile et même contre-productif. Paysage Libre Suisse se réjouit de ce constat et appelle à un « reset » de la stratégie énergétique 2050.

(c) Pixabay

(c) Pixabay

Les chiffres issus de l’étude 2019 sur les bâtiments à énergie positive indiquent que les excédents de production d’électricité solaire, en combinaison avec des centrales de pompage-turbinage, sont plus que suffisants pour approvisionner en énergie la totalité du secteur des bâtiments et du transport avec de l’électricité neutre en CO2 en Suisse. Les toitures solaires permettraient de réduire les émissions de CO2 de 90% !

Ces mesures, décrites comme simples, montrent à quel point la stratégie énergétique 2050 fait fausse route. L’étude prouve ainsi que grâce au solaire :

– la quasi-totalité des émissions de CO2 peut être éliminée ;
– la sortie du nucléaire est assurée ;
– le paysage et la biodiversité sont entièrement préservés.

Paysage Libre Suisse voit une série d’autres avantages à un changement de paradigme en matière de transition énergétique :

– Les subventions (rétributions à l’injection) allouées aux installations solaires pour chaque kilowattheure injecté sont pour ainsi dire la moitié de celles accordées aux centrales éoliennes.
– En mettant l’accent sur le solaire, ce sont les PME suisses qui sont à l’œuvre plutôt que les fabricants allemands d’éoliennes.

La transition énergétique peut donc être bonne pour l’économie en plus de préserver le climat et de nous débarrasser du nucléaire.

L’étude publiée ce jour va dans le sens du Plan Marshall du Parti socialiste pour la transition énergétique : le recours à l’énergie éolienne y est partout absent, preuve de son inutilité. Paysage Libre Suisse salue ce changement d’orientation et invite la nouvelle Cheffe du Département fédéral de l’énergie à le mettre en œuvre dans ses services.

Un « reset » de la stratégie énergétique 2050 ouvre la voie à une transition énergétique compatible avec l’environnement. Plus rien ne justifie le recours aux installations éoliennes, qui appartiennent désormais au passé.

Vers l’étude: lien.

Parcs éoliens – menaces sur les sites UNESCO

La pérennité de la reconnaissance des sites inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO de La Chaux-de-Fonds – Le Locle et de l’île de Reichenau sur le Rhin est directement menacée par des projets de parcs éoliens planifiés à proximité immédiate sur les crêtes des environs de la Vue-des-Alpes et sur les collines de Thurgovie. En Valais, l’Hospice du Grand Saint-Bernard, présent depuis 2016 sur la liste indicative à la candidature établie par la Confédération ne répond plus aux critères de protection en raison d’un projet de parc éolien aux abords du col.

La Fondation suisse pour la protection et l’aménagement du paysage et Paysage Libre Suisse lancent l’alerte sur le risque que représente la construction de centrales éoliennes pour la mise en valeur du patrimoine. La menace est réelle car les mises à l’enquête sont imminentes pour les projets neuchâtelois et thurgovien. Au Grand Saint-Bernard, le Conseil d’Etat valaisan a carrément abandonné l’inscription à l’UNESCO de l’Hospice en levant les recours des ONG à l’édification du parc éolien de la combe de Barasson.

L’inquiétude des autorités de l’Etat du Bade-Würtemberg dans lequel se trouve l’île monastique de Reichenau est telle que son ministre de l’économie s’est directement adressé à Berne. Idem pour les autorités chaux-de-fonnières et locloises qui au travers de la commission d’experts du site UNESCO ont sollicité l’Office fédéral de la culture. Cette demande intervient dans un contexte assez particulier puisque les deux villes vont célébrer dès la fin juin et durant une année le 10ème anniversaire de l’inscription de l’urbanisme horloger à l’UNESCO.

Site UNESCO Urbanisme horloger La Chaux-de-Fonds – Le Locle

Pour les villes de La Chaux-de-Fonds et du Locle, les enjeux sont décisifs : trois parcs éoliens sont prévus à proximité : Crêt Meuron (Tête de Ran), Montperreux (La Vue-des-Alpes) et La Joux-du-Plâne (Quatre Bornes), soit au total 27 machines selon la planification cantonale.

La demande de permis de construire pour Crêt-Meuron et la mise à l’enquête du projet des Quatre Bornes pourraient intervenir durant la deuxième moitié de 2019 déjà. Seul le projet de Montperreux semble être « en retard », mais il avance lui aussi. L’impact paysager est substantiel et pose problème eu égard au classement UNESCO des deux villes, car certaines machines sont situées à moins de 4 km des zones centrales du site.

A droite sur l’image : projets de centrales éoliennes de Crêt-Meuron, Montperreux, et La Joux-du-Plâne.
A gauche : en rouge : bien du patrimoine mondial. En bleu : zone tampon

Projet éolien Distance bien du patrimoine mondial Distance zone tampon
Crêt-Meuron ~ 3.6 km ~ 1.6 km
Montperreux ~ 3.6 km ~ 1.5 km
La Joux-du-Plâne ~ 8 km ~ 5 km

 

Mont Saint-Michel – une réaction exemplaire

En France, qui compte 44 sites inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco, dont 39 biens culturels, le Ministère de la Transition écologique a instauré des zones d’exclusion de l’éolien autour de ces sites. Cette politique est issue de la problématique soulevée en 2011 autour du site classé du Mont-Saint-Michel où finalement les projets de parcs éoliens situés jusqu’à 25 km de distance ont été abandonnés suite à un rapport négatif d’une mission d’expertise de l’UNESCO.

En Allemagne également et malgré la transition énergétique menée à marche forcée, divers projets de parcs éoliens ont été abandonnés car trop proches de sites culturels et paysagers emblématiques, raison pour laquelle ils ont été classés au patrimoine mondial de l’UNESCO.

La Suisse ne peut se permettre de faire l’économie d’une réflexion identique. Les organisations environnementales appellent à une prise en compte sérieuse des risques que représentent les projets de centrales éoliennes sur la pérennité des sites classés.

2018: une année médiocre pour la production d’énergie éolienne en Suisse

En 2018, la production des grandes éoliennes suisses s’est élevée à 121 gigawattheures (GWh), soit 7.97% de moins qu’en 2017 (132 GWh). Elle représente 0.196% de la consommation totale d’électricité suisse (61’900 GWh). Les chiffres de production sont publiés sur wind-data.ch, un portail sur l’énergie éolienne exploité pour le compte de l’OFEN. Nous avons pris en compte toutes les éoliennes des parcs éoliens d’une puissance installée totale de plus d’un megawatt (36 éoliennes, sans changement par rapport à l’année précédente).

Entlebuch

(c) Pixabay

Le facteur de charge (qui correspond au nombre d’heures à pleine charge par an, ou en d’autres termes l’utilisation de la capacité) reflète le potentiel éolien existant et s’établit en moyenne à 18.4% en 2018 (19.2% l’année précédente). Au bas de l’échelle on trouve, comme l’année précédente, le parc éolien de Gries situé au col du Nufenenen, le plus haut parc éolien en Europe. Le facteur de charge y était de 6.4% (9.5% pour cent l’année précédente), soit un niveau sensationnellement bas. Comme l’ont récemment rapporté les médias, le parc éolien connaît des difficultés financières: voir ici). Les opérateurs avaient prévu 13-14 GWh par an, mais la production de 2018 de 5.3 GWh est inférieure de 60% aux attentes. Seules les éoliennes de Feldmoos/Rengg dans l’Entlebuch (LU), sont pires encore que le parc de Gries, avec une utilisation de la capacité de 5.5% (année précédente : 7.6%).

Comme les années précédentes, les éoliennes du coude du Rhône dans le Canton du Valais ont été les plus performantes. Du rétrécissement de la vallée résulte un « effet turbo » et des conditions de vent supérieures à la moyenne. Les facteurs de charge s’élèvent ainsi à Martigny à 28.7%, à Collonges à 27.8% et à Charrat à 25.5%. Cependant, ces turbines sont des exceptions : aucune autre machine n’a réussi à atteindre un taux d’utilisation de la capacité clairement supérieur à 20 %. Sans les trois installations valaisannes, le facteur de charge aurait été de 15.1%.

Un facteur de charge d’environ 20% reste bien en dessous de la limite requise pour une utilisation efficace et économique de l’énergie éolienne. Les données confirment une fois de plus que la Suisse ne connaît pas des conditions de vent adaptées à la production d’énergie éolienne. Le potentiel de l’énergie éolienne en Suisse est et restera faible, des estimations réalistes le situent à moins de 2% de la production d’électricité. L’énergie éolienne ne peut donc pas apporter une contribution substantielle à l’approvisionnement en électricité. Quant à ses impacts sur le paysage, sur l’homme et la nature, ils sont disproportionnés.

www.parcs-eoliens.ch : enfin une image réaliste des parcs éoliens prévus en Suisse

L’Association Paysage Libre Suisse lance une nouvelle plate-forme : www.parcs-eoliens.ch. Le portail offrira des visualisations 3D réalistes de toutes les éoliennes prévues en Suisse avec des rotors rotatifs le jour et les feux rouges clignotants la nuit. Pour la première fois, la population suisse peut se faire une idée concrète de ce que signifierait la construction de 850 éoliennes prévues en Suisse. Le lancement de la nouvelle plateforme marque le début du crowdfunding pour financer son développement.

Environ 850 installations éoliennes sont prévues en Suisse. La plupart auraient une hauteur de plus de 200 m (230 m à Bavois VD), une hauteur dont il est difficile de se rendre compte. Il n’existe actuellement aucune éolienne de cette taille en Suisse, les éoliennes de Mont Crosin dans le Jura bernois ont une hauteur maximale de 150 m et le bâtiment le plus haut de Suisse 180 m.

Jusqu’à présent, personne ne pouvait imaginer à quoi ressemblaient de telles centrales industrielles géantes dans des endroits exposés en Suisse. Le jour, les rotors en mouvement de plus de 120 m de diamètre attirent l’attention. La nuit, plusieurs feux rouges clignotent sur chaque machine. Les photomontages des promoteurs de parcs éoliens montrent souvent les éoliennes fondues dans un ciel blanc, masquées derrière des arbres, des clôtures ou des vaches, de sorte que les éoliennes semblent presque mignonnes voire ne sont pas visibles du tout.

Paysage Libre Suisse publie aujourd’hui le nouveau portail www.parcs-eoliens.ch avec de premières centrales éoliennes. A l’avenir, toutes les éoliennes prévues en Suisse seront visibles sur ce portail par des visualisations 3D réalistes. Il y a actuellement trois vidéos sur le portail (parcs éoliens de la Linth GL, Bavois VD et dans l’Oberland bernois). D’autres visualisations des parcs éoliens entre le Chasseron et le Creux du Van (VD/NE, plus de 60 éoliennes), dans le Val de Travers (NE, 40 machines), à Soleure et bien d’autres suivront prochainement.

Pour la réalisation des visualisations 3D, le paysage de la Suisse a été reproduit de manière réaliste sous la forme d’un modèle de surface tridimensionnel. La fédération Paysage Libre Suisse, reconnue d’utilité publique, a développé son propre logiciel pour transformer les géodonnées de l’Office fédéral de topographie en un modèle de terrain. Pour le seul canton de Vaud, plus de 90 milliards de points individuels ont dû être transformés en un modèle de terrain.

Afin de financer les coûts de développement de l’infrastructure, Paysage Libre Suisse lance la semaine prochaine le crowdfunding sur le portail We make it !. Ce montant est destiné à couvrir environ la moitié de l’investissement. Nous espérons qu’un montant de plus de CHF 10’000, sera collecté dans les 30 jours.

Plaine de la Linth: End of Story

Le parlement du Canton de Glaris dit non à plus de 55% au parc éolien LinthWind dans la plaine de la Linth (GL / SZ / SG) et enterre définitivement le projet. C’est grâce à l’association Linth-GegenWind affiliée à Paysage Libre Suisse que les nombreuses réserves naturelles menacées de la zone touchée seront préservées et que la porte d’entrée dans le pays glaronnais ne sera pas défigurée par des tours de 200 mètres. Les grandes centrales éoliennes de Suisse orientale sont de plus en plus sous le feu de la critique.

 

(c) PLCH / FLCH

Après un débat intense, le parlement du Canton de Glaris a décidé le 25 avril, par 30 voix contre 24, de suivre la proposition du Conseil d’Etat et de retirer le projet de parc éolien LinthWind du plan directeur. Cela signifie que la zone industrielle éolienne autour du village de Bilten, dans la commune de Glaris-Nord, est définitivement abandonnée.

Le Parti démocrate chrétien (PDC) de l’ancienne conseillère fédérale Doris Leuthard a voté à l’unanimité contre le parc éolien. Une opposition de centre-gauche a tenté sans succès de sauver la réalisation du gigantesque projet industriel de 5 éoliennes (de 200 m de haut chacune et un total de plus de 16.000 tonnes de matériaux de construction)

Cette expérience montre clairement que l’utilisation de l’énergie éolienne par les grandes turbines industrielles n’a pas d’avenir, surtout en Suisse orientale. L’impact sur la nature et le paysage est trop important et les répercussions sur la population locale insurmontables. Les dommages causés à la nature, au sol et à la santé sont plus importants que le rendement, sans parler des émissions dues à la construction et à l’élimination des turbines et des gigantesques fondations en béton armé de 2’500 tonnes. On est loin des énergies dites « vertes ».

La Commune de Court rejette les éoliennes et dit OUI à un cadre de vie préservé

La voix de la raison l’a emporté dans la Commune de Court, dans le Jura bernois. Les citoyennes et les citoyens ont rejeté à hauteur de 70% la construction du parc éolien de Montoz-Pré Richard. Le projet est enterré. Paysage Libre Suisse salue ce signal clair en faveur du paysage et de la protection de nos zones de détente.

Ils étaient 325 citoyennes et citoyens à se rendre à l’assemblée communale lundi soir pour se prononcer sur le projet éolien de Montoz-Pré Richard. Le vote sur le plan de quartier constituait pour le promoteur Energie Service Bienne un passage obligé pour poursuivre le projet. Après une heure trente de débats, un verdict clair est tombé : 70% des citoyennes et citoyens ont refusé de construire une zone d’industrie éolienne sur les hauteurs de leur village.

Le projet prévoyait l’installation de 7 machines pouvant culminer à 200 mètres de haut, beaucoup plus que les turbines déjà en service dans l’Arc jurassien. Avec les six installations supplémentaires prévues juste à côté à la Montagne de Granges, une zone de production industrielle d’énergie de 13 installations aurait vu le jour.

La votation de Court témoigne clairement du refus de la population de sacrifier son cadre de vie pour une énergie aléatoire au rendement dérisoire, responsable d’un mitage massif de notre territoire et de l’industrialisation du paysage. Sans parler du démantèlement et du recyclage futur des éoliennes, un problème sans réponse pour l’instant. Ce sont des alternatives respectueuses de l’environnement comme la biomasse ou le solaire que sollicite la population, pas une fausse solution coûteuse et inutile.

Le verdict de Court montre aussi que la population n’est pas prête à sacrifier ses derniers espaces de liberté. Dans un environnement économique toujours plus stressant et exigeant, les lieux de détente permettant de se ressourcer et de pratiquer des activités sportives douces deviennent chaque jour plus importants. La récente mobilisation pour le climat montre que la jeunesse attache beaucoup d’importance à son avenir dans un environnement préservé.

En savoir plus sur RJB: lien

La Suisse romande, future décharge éolienne du pays ?

L’énergie éolienne a la vie dure en Suisse orientale. Le parc éolien de Honegg à Oberegg (Appenzell Rhodes Intérieures, AI) vient de passer à la trappe. Paysage Libre Suisse demande un examen critique rapide des zones industrielles prévues pour des parcs éoliens dans des paysages intacts en Suisse romande également.

(c) Appenzell.ch

Parce que les éoliennes industrielles de 200m de haut sont tout simplement incompatibles avec le paysage préservé de l’Appenzell, la commission compétente du Canton d’Appenzell Rhodes-Intérieures a retiré le site Honegg-Oberfeld à Oberegg (AI) du plan directeur cantonal. Le projet qui y était prévu avec deux gigantesques éoliennes est donc définitivement abandonné.

Les cantons d’Appenzell Rhodes-Extérieures, de Saint-Gall et de la province autrichienne du Vorarlberg ainsi que 500 autres organisations et personnes privées ont exprimé leur opposition au projet de parc éolien dans le cadre de la procédure de consultation. Le Canton d’Appenzell Rhodes-Extérieures a notamment appelé à la promotion d’énergies renouvelables alternatives, telles que la biomasse, le photovoltaïque et l’hydroélectricité, moins destructrices pour l’environnement.

La région d’Appenzell, comme la plaine de la Linth, sera ainsi. Paysage Libre Suisse félicite l’association Pro Landschaft AR/AI pour son engagement en faveur du paysage, de la faune et des riverains.

La semaine dernière, le Tribunal cantonal du canton de Vaud a débouté les opposants au parc éolien de Sainte-Croix. Le parc éolien doit être construit dans un paysage jurassien intact et menace les espèces d’oiseaux et de chauves-souris qui vivent et migrent localement. Contrairement à ce qui se passe en Suisse alémanique, l’idée d’exploiter l’énergie éolienne par le biais de gigantesques turbines industrielles en Suisse romande est encore très élevée.

L’impact de la transition énergétique sur l’environnement et le paysage toucherait ainsi en particulier la Suisse romande si l’on ne réalise suffisamment tôt que les avantages des gigantesques éoliennes sont faibles par rapport aux dommages. Les politiciens et les autorités de Suisse occidentale sont invités à promouvoir les énergies renouvelables dans les zones déjà densément bâties et de préserver ainsi les derniers espaces de liberté encore préservés.

Avec l’utilisation du vent et du soleil, le problème du stockage de ces sources intermittentes n’est pas résolu. De petites installations dans des zones déjà dotées d’infrastructures (toits des maisons, etc) sont à tous points de vue préférables à de grandes installations industrielles décentralisées, nécessitant de grosses infrastructures de transport et de stockage.

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