Subventionner l’énergie éolienne nuit gravement à la biodiversité

Dans une étude détaillée de 216 pages intitulée « Subventions dommageables à la biodiversité en Suisse », l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL) et le Forum Biodiversité Suisse de l’Académie des sciences SCNAT utilisent des termes clairs en ce qui concerne l’énergie éolienne : « Les éoliennes ont un impact négatif sur la biodiversité ».

(c) Pixabay

Ce faisant, ils confirment ce que Paysage Libre Suisse PLCH affirme depuis des années : « La construction de centrales éoliennes nécessite des infrastructures importantes et les nouvelles voies d’accès adaptées aux poids lourds restent en place même après l’installation. Elles aboutissent à une fragmentation de l’écosystème et leur utilisation après la construction contribue à perturber l’écosystème (…). Les éoliennes et les turbulences de l’air créées pendant leur fonctionnement provoquent des collisions avec les oiseaux. Selon l’emplacement des centrales, cela peut avoir de graves conséquences pour les espèces. Les chauves-souris sont également touchées ».

Pour les grandes compagnies d’électricité, les parcs éoliens prévus sont généralement des projets « verts » par souci de prestige et pour le marketing. Mais le fait que les éoliennes soient écologiques est un label plus que jamais frauduleux, estime Paysage Libre Suisse sur la base de ces nouveaux résultats.

Les solutions proposées dans l’étude du WSL ne sont toutefois que partiellement convaincantes : loin de demander la suppression totale des subventions aux éoliennes, l’étude demande qu’elles soient réduites de moitié et que l’argent ainsi libéré soit investi dans la promotion d’autres énergies renouvelables. Pour les deux organisations, une plus grande importance doit être accordée à la biodiversité dans les conditions d’octroi des subventions.

L’étude du WSL repose sur la capacité d’expansion éolienne prévue en 2016. Mais entre-temps, Suisse-Energie et Suisse Eole se sont fixé pour objectif de plus que doubler la production d’énergie éolienne (de 4’300 à 9’000 GWh). Dans notre pays caractérisé par de faibles ressources en vent, cette expansion ne pourrait être réalisée qu’avec quelque 2’500 éoliennes de plus de 200 m de haut chacune, et qui nécessiteraient des subventions annuelles d’environ 1,5 milliard – et ce pendant 15 à 20 ans.

La biodiversité n’est pas la seule à payer les frais de la politique éolienne. Dans la même mesure, le paysage, la santé des riverains de parcs éoliens et l’économie nationale seraient également affectés. Si nous mettons en balance le potentiel total de dommages de l’énergie éolienne et son faible potentiel de production, il devient évident que notre pays devrait payer un prix disproportionné.

Paysage Libre Suisse demande donc que les sommes prévues pour l’énergie éolienne soient investies dans des énergies renouvelables sans effets négatifs sur la biodiversité, le paysage, la santé et l’économie nationale.

Vers l’étude (factsheet en français): Lien

 

Des centrales éoliennes nuisibles attirent les investisseurs suisses

L’émission “Kassensturz” de la chaîne de télévision alémanique SRF a dévoilé le 11 décembre les investissements importants réalisés par BKW SA et le Credit Suisse dans des parcs éoliens norvégiens. Le reportage montre de manière impressionnante que ces éoliennes qualifiées de “vertes” non seulement en Suisse mais aussi à l’étranger causent généralement des dommages considérables à la biodiversité. Les investissements éoliens à l’étranger servent souvent aux opérateurs helvétiques sur le marché de l’électricité à se donner une image propre et écologique. Mais à quel prix !

(c) Einar Storsul

BKW SA et Credit Suisse sont toutes deux financièrement impliquées dans un parc éolien en Norvège qui, selon le reportage d’hier de la SRF, entraînera de graves conséquences culturelles et écologiques. Les populations indigènes, qui pratiquent l’élevage traditionnel des rennes en Norvège, sont tout simplement expropriées et déplacées.

Même avec un mât relativement étroit, les éoliennes produisent des émissions massives (bruit, projection d’ombre, abondant éclairage intermittent rouge de nuit) et impliquent la construction de larges routes, de lignes électriques et de postes de transformation. Les gigantesques éoliennes transforment donc des zones naturelles entières en zones industrielles. C’est le cas non seulement en Norvège, mais en Suisse aussi.

Grâce à la démocratie suisse, la Confédération, les cantons, les communes et la population ont la possibilité de s’exprimer sur les projets de construction de nouvelles infrastructures. Les expropriations, en particulier, sont soumises à des règles strictes. Les procédures sont complexes et souvent longues, afin de garantir la légitimité des constructions ainsi réalisées.

Il est dès lors intéressant pour les investisseurs suisses d’investir dans des parcs éoliens étrangers où les obstacles démocratiques sont moins importants et où le rendement des éoliennes est généralement deux fois plus élevé qu’en Suisse, pays où les vents sont faibles. Les investisseurs le font dans l’intention de rendre propres leurs importations d’électricité (principalement en provenance de centrales nucléaires et au charbon allemandes et françaises) en démontrant qu’ils garantissent le même volume d’électricité sur l’année dans des centrales scandinaves. Mais le raisonnement est un peu court : en cas de vent faible, l’électricité provient d’une manière ou d’une autre de centrales électriques fonctionnant en ruban, à l’étranger ou en Suisse. Les éoliennes ne contribuent nullement à la sécurité d’approvisionnement. En 2016, le Tribunal fédéral a statué dans l’affaire du parc éolien du Schwyberg (Fribourg) et confirmé la nécessité d’examiner si les centrales éoliennes peuvent produire en fonction du marché. Avec un rendement de 20%, les grandes éoliennes n’y parviennent pas dans notre pays.

Paysage Libre Suisse invite les investisseurs à s’engager dans des formes de production d’énergie véritablement durables et renouvelables, capables de garantir à tout moment l’approvisionnement en électricité, et dans les mesures d’économie d’énergie. L’énergie non consommée reste la plus propre.

Vers l’émission (en allemand): lien