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EXCLUSIF : Les photomontages et vidéos du Chasseron et du Creux-du-Van à l’ère des éoliennes

Paysage Libre Suisse met aujourd’hui en ligne une vidéo qui dévoile à quoi ressemblerait l’espace naturel entre le Creux-du-Van et le Chasseron avec les dizaines d’éoliennes réparties dans les 5 centrales qui y sont prévues aussi bien sur Vaud que sur Neuchâtel. Les images sont saisissantes : c’est à une véritable industrialisation de ces lieux symboliques du paysage suisse qu’on assisterait, sans compter la perte irrémédiable de la biodiversité qui fait la particularité de cette région.

Une image que les promoteurs éoliens ne vous montreront jamais : une zone industrielle de quelque 80 éoliennes réparties de part et d’autre de la frontière de Vaud et de Neuchâtel. Le tout conçu sans la moindre coordination intercantonale. Voilà à quoi risque de ressembler la région du Chasseron et du Creux-du-Van dans quelques années. Pour le seul canton de Vaud, c’est une quarantaine de machines qui seraient érigées sur la première crête du Jura, dans les sites éoliens de Provence, Grandevent et Grandsonnaz.

La protection de ces lieux symboliques du Jura vaudois a récemment fait l’objet d’une pétition signée par près de 14’000 personnes. Le parlement vaudois et les communes concernées en ont fait peu de cas, préférant vouer cette région encore à l’état naturel à un destin industriel. On ne peut qualifier autrement le spectacle que la vidéo donne à voir.

Lieux symboliques du Jura, le Creux-du-Van et le Chasseron sont autant de destinations appréciées par les randonneurs et les sportifs venus de loin à la ronde. Il ne fait aucun doute que le spectacle qui leur serait donné rendrait le secteur définitivement sans intérêt. « On se tire une balle dans le pied », estime Jean-Marc Blanc, secrétaire général de Paysage Libre Vaud, pour qui « un formidable outil de travail pour le tourisme doux et durable se transformerait en décharge éolienne ».

L’image n’est pas exagérée : aucun autre endroit en Suisse n’est pressenti pour héberger une telle quantité d’éoliennes au kilomètre carré. « En Suisse alémanique, l’opinion publique est devenue très réticente face à l’éolien et préfère recourir à des énergies renouvelables respectueuses des gens et des animaux, comme le photovoltaïque », explique Elias Meier, Président de la fédération Paysage Libre Suisse.

Avec cette vidéo neutre et objective, Paysage Libre Suisse désire sensibiliser l’opinion publique sur l’ampleur de la menace sur un patrimoine naturel unique, une menace systématiquement passée sous silence par les promoteurs éoliens qui répètent à l’envi que les centrales éoliennes s’intègrent harmonieusement dans le paysage.

L’avenir paysager de l’Arc jurassien est en jeu

Le recours contre le parc éolien de Granges est actuellement en procédure devant le Tribunal fédéral. Six éoliennes avec des rotors de 122 m de large sont prévues sur la première chaîne du Jura, dans le canton de Soleure. Les machines seraient visibles pour plus d’un million de personnes, et des espèces d’oiseaux très menacées sont mis en danger. Cette décision aura une importance décisive pour l’avenir du paysage suisse.

Le paysage jurassien de la Montagne de Granges (c) Marcel Kessler

En 1942, pendant la Seconde Guerre mondiale, le canton de Soleure décide de créer la zone de protection du Jura. Peu d’autres cantons connaissent des règles aussi strictes en matière de protection du paysage : les lignes aériennes, les maisons de vacances, les routes, les clôtures et même les sculptures en bronze sont interdites. L’ordonnance cantonale sur la protection de la nature et du patrimoine culturel définit les couleurs, les matériaux, l’emplacement et l’apparence de tous les éléments construits. Les endroits exposés sont interdits. Les nouveaux bâtiments doivent imiter les bâtiments existants.

La zone de protection du Jura serait ignorée. L’immense région du Jura, qui offre un refuge à une biodiversité très riche et attire chaque week-end des dizaines de milliers de personnes des zones urbanisées du Mittelland, est menacée par le parc éolien de Granges. Trois turbines doivent être érigées directement à côté de la Wandfluh, la grande paroi rocheuse au-dessus de la ville horlogère de Granges. Trois autres sont prévues au milieu de dolines. Le rayon de visibilité est de plus de 50 kilomètres. La production d’électricité serait très irrégulière et se situerait entre 10 GWh (selon Birdlife) et 30 GWh (selon le promoteur) par an. Cela correspond à 0,04 % de la consommation suisse d’électricité.

Le canton de Soleure étant l’un des seuls cantons à ne pas prévoir de votation sur un tel projet, seules les associations environnementales disposant d’un droit de recours ont pu faire opposition. Actuellement, seul le recours de l’association de protection des oiseaux ASPO/Birdlife Suisse est encore pendante devant le Tribunal fédéral. La Cour suprême va donc se prononcer sur l’avenir de la chaîne jurassienne, qui marque l’horizon de notre pays de Genève à l’Argovie. Des rotors géants attireront-ils l’attention pendant la journée et des feux rouges clignoteront-ils au-dessus de Granges la nuit ?

BirdLife critique le fait que la centrale éolienne soit placée au milieu de la zone de protection du Jura et à côté d’une zone de protection du paysage d’importance nationale. De nombreux oiseaux inscrits sur la liste rouge se reproduisent dans le périmètre impacté et seraient tués par les rotors. De nombreuses chauves-souris y vivent également et les oiseaux migrateurs traversent deux fois l’an les montagnes du Jura. Au milieu de leur trajectoire de vol, entre 27 et 150 m au-dessus du sol, les rotors tourneraient à une vitesse pouvant atteindre les 400 km/h.

Récemment, la route menant à la montagne de Granges s’est partiellement effondrée. Pendant la réfection, il a fallu arrêter les sources d’eau potable dans le tunnel ferroviaire de Granges, situées directement sous le parc éolien, en raison de l’infiltration rapide de l’eau entre la route et les sources du tunnel. La ville de Granges, qui tire entre 85 et 98 % de son eau de ses propres sources, devrait se passer de son propre approvisionnement en eau potable pour construire le parc éolien. 40’000 personnes sont raccordées au réseau d’eau de Granges.

Le projet de centrale à la Montagne de Granges le montre : le Tribunal fédéral ne se prononce pas seulement de la construction de six turbines. Il décide aussi de l’avenir de l’eau potable de dizaines de milliers de personnes, de la survie de nombreuses espèces animales et de l’avenir des zones de loisirs de la population du Plateau suisse.

Nous ne pouvons pas remplacer notre paysage. Nous n’en avons qu’un seul.

Sauver la planète sans éoliennes

Selon une étude scientifique rendue publique hier et reprise par de nombreux médias, la Suisse peut atteindre les objectifs de l’Accord de Paris grâce à des mesures simples et uniquement grâce à l’énergie solaire. La transition énergétique est ainsi possible sans altérer le paysage et la biodiversité. Le recours à des centrales éoliennes s’avère désormais inutile et même contre-productif. Paysage Libre Suisse se réjouit de ce constat et appelle à un « reset » de la stratégie énergétique 2050.

(c) Pixabay

(c) Pixabay

Les chiffres issus de l’étude 2019 sur les bâtiments à énergie positive indiquent que les excédents de production d’électricité solaire, en combinaison avec des centrales de pompage-turbinage, sont plus que suffisants pour approvisionner en énergie la totalité du secteur des bâtiments et du transport avec de l’électricité neutre en CO2 en Suisse. Les toitures solaires permettraient de réduire les émissions de CO2 de 90% !

Ces mesures, décrites comme simples, montrent à quel point la stratégie énergétique 2050 fait fausse route. L’étude prouve ainsi que grâce au solaire :

– la quasi-totalité des émissions de CO2 peut être éliminée ;
– la sortie du nucléaire est assurée ;
– le paysage et la biodiversité sont entièrement préservés.

Paysage Libre Suisse voit une série d’autres avantages à un changement de paradigme en matière de transition énergétique :

– Les subventions (rétributions à l’injection) allouées aux installations solaires pour chaque kilowattheure injecté sont pour ainsi dire la moitié de celles accordées aux centrales éoliennes.
– En mettant l’accent sur le solaire, ce sont les PME suisses qui sont à l’œuvre plutôt que les fabricants allemands d’éoliennes.

La transition énergétique peut donc être bonne pour l’économie en plus de préserver le climat et de nous débarrasser du nucléaire.

L’étude publiée ce jour va dans le sens du Plan Marshall du Parti socialiste pour la transition énergétique : le recours à l’énergie éolienne y est partout absent, preuve de son inutilité. Paysage Libre Suisse salue ce changement d’orientation et invite la nouvelle Cheffe du Département fédéral de l’énergie à le mettre en œuvre dans ses services.

Un « reset » de la stratégie énergétique 2050 ouvre la voie à une transition énergétique compatible avec l’environnement. Plus rien ne justifie le recours aux installations éoliennes, qui appartiennent désormais au passé.

Vers l’étude: lien.

www.parcs-eoliens.ch : enfin une image réaliste des parcs éoliens prévus en Suisse

L’Association Paysage Libre Suisse lance une nouvelle plate-forme : www.parcs-eoliens.ch. Le portail offrira des visualisations 3D réalistes de toutes les éoliennes prévues en Suisse avec des rotors rotatifs le jour et les feux rouges clignotants la nuit. Pour la première fois, la population suisse peut se faire une idée concrète de ce que signifierait la construction de 850 éoliennes prévues en Suisse. Le lancement de la nouvelle plateforme marque le début du crowdfunding pour financer son développement.

Environ 850 installations éoliennes sont prévues en Suisse. La plupart auraient une hauteur de plus de 200 m (230 m à Bavois VD), une hauteur dont il est difficile de se rendre compte. Il n’existe actuellement aucune éolienne de cette taille en Suisse, les éoliennes de Mont Crosin dans le Jura bernois ont une hauteur maximale de 150 m et le bâtiment le plus haut de Suisse 180 m.

Jusqu’à présent, personne ne pouvait imaginer à quoi ressemblaient de telles centrales industrielles géantes dans des endroits exposés en Suisse. Le jour, les rotors en mouvement de plus de 120 m de diamètre attirent l’attention. La nuit, plusieurs feux rouges clignotent sur chaque machine. Les photomontages des promoteurs de parcs éoliens montrent souvent les éoliennes fondues dans un ciel blanc, masquées derrière des arbres, des clôtures ou des vaches, de sorte que les éoliennes semblent presque mignonnes voire ne sont pas visibles du tout.

Paysage Libre Suisse publie aujourd’hui le nouveau portail www.parcs-eoliens.ch avec de premières centrales éoliennes. A l’avenir, toutes les éoliennes prévues en Suisse seront visibles sur ce portail par des visualisations 3D réalistes. Il y a actuellement trois vidéos sur le portail (parcs éoliens de la Linth GL, Bavois VD et dans l’Oberland bernois). D’autres visualisations des parcs éoliens entre le Chasseron et le Creux du Van (VD/NE, plus de 60 éoliennes), dans le Val de Travers (NE, 40 machines), à Soleure et bien d’autres suivront prochainement.

Pour la réalisation des visualisations 3D, le paysage de la Suisse a été reproduit de manière réaliste sous la forme d’un modèle de surface tridimensionnel. La fédération Paysage Libre Suisse, reconnue d’utilité publique, a développé son propre logiciel pour transformer les géodonnées de l’Office fédéral de topographie en un modèle de terrain. Pour le seul canton de Vaud, plus de 90 milliards de points individuels ont dû être transformés en un modèle de terrain.

Afin de financer les coûts de développement de l’infrastructure, Paysage Libre Suisse lance la semaine prochaine le crowdfunding sur le portail We make it !. Ce montant est destiné à couvrir environ la moitié de l’investissement. Nous espérons qu’un montant de plus de CHF 10’000, sera collecté dans les 30 jours.

La Suisse romande, future décharge éolienne du pays ?

L’énergie éolienne a la vie dure en Suisse orientale. Le parc éolien de Honegg à Oberegg (Appenzell Rhodes Intérieures, AI) vient de passer à la trappe. Paysage Libre Suisse demande un examen critique rapide des zones industrielles prévues pour des parcs éoliens dans des paysages intacts en Suisse romande également.

(c) Appenzell.ch

Parce que les éoliennes industrielles de 200m de haut sont tout simplement incompatibles avec le paysage préservé de l’Appenzell, la commission compétente du Canton d’Appenzell Rhodes-Intérieures a retiré le site Honegg-Oberfeld à Oberegg (AI) du plan directeur cantonal. Le projet qui y était prévu avec deux gigantesques éoliennes est donc définitivement abandonné.

Les cantons d’Appenzell Rhodes-Extérieures, de Saint-Gall et de la province autrichienne du Vorarlberg ainsi que 500 autres organisations et personnes privées ont exprimé leur opposition au projet de parc éolien dans le cadre de la procédure de consultation. Le Canton d’Appenzell Rhodes-Extérieures a notamment appelé à la promotion d’énergies renouvelables alternatives, telles que la biomasse, le photovoltaïque et l’hydroélectricité, moins destructrices pour l’environnement.

La région d’Appenzell, comme la plaine de la Linth, sera ainsi. Paysage Libre Suisse félicite l’association Pro Landschaft AR/AI pour son engagement en faveur du paysage, de la faune et des riverains.

La semaine dernière, le Tribunal cantonal du canton de Vaud a débouté les opposants au parc éolien de Sainte-Croix. Le parc éolien doit être construit dans un paysage jurassien intact et menace les espèces d’oiseaux et de chauves-souris qui vivent et migrent localement. Contrairement à ce qui se passe en Suisse alémanique, l’idée d’exploiter l’énergie éolienne par le biais de gigantesques turbines industrielles en Suisse romande est encore très élevée.

L’impact de la transition énergétique sur l’environnement et le paysage toucherait ainsi en particulier la Suisse romande si l’on ne réalise suffisamment tôt que les avantages des gigantesques éoliennes sont faibles par rapport aux dommages. Les politiciens et les autorités de Suisse occidentale sont invités à promouvoir les énergies renouvelables dans les zones déjà densément bâties et de préserver ainsi les derniers espaces de liberté encore préservés.

Avec l’utilisation du vent et du soleil, le problème du stockage de ces sources intermittentes n’est pas résolu. De petites installations dans des zones déjà dotées d’infrastructures (toits des maisons, etc) sont à tous points de vue préférables à de grandes installations industrielles décentralisées, nécessitant de grosses infrastructures de transport et de stockage.

Pas d’éoliennes géantes dans la plaine de la Linth

Le Conseil d’Etat de Glaris est le premier gouvernement cantonal à porter un regard critique sur l’énergie éolienne. Il propose à son Parlement que le plan directeur de 2018 renonce aux éoliennes prévues dans la plaine de la Linth. Sa décision est novatrice pour l’aménagement du territoire et la politique énergétique de la Suisse.

(c) Kanton Glarus Samuel Trümpy

Dans son rapport explicatif, le Conseil d’Etat glaronnais met en avant trois éléments qu’il juge incompatibles avec l’installation d’éoliennes géantes de 200 m de haut :

1. Des éoliennes ne doivent pas être installées dans le périmètre de zones résidentielles.
2. Une installation éolienne est incompatible à long terme avec le développement de zones résidentielles.
3. Les installations éoliennes dans les zones d’habitation sont en contradiction avec les objectifs du plan de développement 2020-2030, par lequel le canton de Glaris vise à attirer de nouveaux résidents et à renforcer la préservation du paysage et l’utilisation durable des espaces de loisirs et de détente.

En d’autres termes, les installations éoliennes ont un effet dissuasif sur les nouveaux habitants et nuisent à l’image du Canton, surtout si elles devaient être érigées à l’entrée du Canton de Glaris.

Le gouvernement glaronnais est le premier exécutif cantonal à déclarer que le recours à l’énergie éolienne produite par des installations géantes de 200 m de haut dans une Suisse densément peuplée entraîne des dommages massifs à l’environnement et à l’attrait d’une région. En conséquence, le plan directeur contient désormais des critères clairs d’exclusion : “Le développement de nouveaux sites éoliens caractérisés par un rapport défavorable entre la production attendue d’énergie et les impacts négatifs sur le paysage et les écosystèmes est à éviter”.

En outre, le gouvernement affirme que la viabilité économique d’un projet éolien doit être démontrée sur la base des résultats empiriques des mesures du vent. Il doit également être démontré qu’il n’y a pas de risque excessif de collision pour les oiseaux et que les valeurs limites pour le bruit et les ombres portées sont respectées.

Paysage Libre Suisse invite les autorités exécutives cantonales à suivre l’exemple du gouvernement du Canton de Glaris et à établir des critères clairs pour prévenir les dommages causés par les installations éoliennes industrielles à l’environnement et à l’attrait d’une région.

En savoir plus: Südostschweiz

Succès total pour la pétition « Sauvez Chasseron – Creux-du-Van ». L’inscription de la région du Chasseron à l’inventaire fédéral des paysages est demandée.

Avec plus de 13’600 signatures, la pétition pour sauver la région entre le Chasseron et le Creux-du-Van dépasse toutes les attentes. Elle met clairement en doute la crédibilité des projets éoliens qui y sont prévus et suscite une série de démarches politiques dont la demande de classement de la région du Chasseron à l’inventaire fédéral des paysages (IFP).

(c) Lukas Bieri Pixabay

Paysage Libre Vaud avec Pro Natura Vaud, Helvetia Nostra, la Fondation suisse pour la protection et l’aménagement du paysage, BirdLife et Paysage Libre Suisse, ont tiré la sonnette d’alarme ce printemps et lancé une pétition demandant de préserver et de valoriser ce patrimoine exceptionnel qu’est la région entre le Chasseron et le Creux-du-Van, menacée par la construction d’une quarantaine d’éoliennes géantes.

En moins de quatre mois, plus de 13’600 signatures ont été récoltées. Provenant des cantons de Vaud et de Neuchâtel, mais aussi de l’ensemble de l’Arc jurassien et de Suisse alémanique, les signataires expriment leur profonde désapprobation face à ces projets d’industrialisation de paysages exceptionnels.

Au vu du soutien massif apporté à la pétition, les organisations partenaires demandent un abandon pur et simple des trois projets éoliens concernés et la préservation d’un des derniers espaces naturels de l’Arc jurassien.

Un signal clair en faveur de la protection de la nature et du paysage

Les résultats de la consultation relative à la révision de la loi sur la protection de la nature et du paysage (LPN) sont désormais connus. Le verdict est clair : plus de la moitié des participants (55%) rejettent l’affaiblissement de la protection du patrimoine naturel.

 

(c) Pixabay

Pour rappel, la Commission de l’environnement, de l’aménagement du territoire et de l’énergie du Conseil des Etats a mis en consultation un avant-projet de révision de la LPN visant à affaiblir de manière substantielle la protection de la nature et du paysage. Les résultats sont tombés : plus de la moitié des prises de position s’opposent aux modifications proposées.

La position des cantons est surprenante : seule la moitié d’entre eux soutiennent la révision, alors que le but vise précisément à leur accorder une plus grande marge de manœuvre pour la construction d’infrastructures dans des lieux protégés. Ce résultat montre l’attachement des cantons à la protection de leur paysage, notamment dans le contexte actuel d’urbanisation effrénée.

Paysage Libre Suisse, qui a pris part activement à la consultation, prend acte avec satisfaction des résultats et salue la sagesse des cantons. La Fédération estime que le projet est politiquement mort et demande son abandon immédiat.

Vers les résultats de la consultation: ici

L’aventure éolienne en Appenzell est terminée

Le gouvernement cantonal d’Appenzell Rhodes-Extérieures (AR) rejette le plan directeur de l’énergie éolienne du canton d’Appenzell Rhodes-Intérieures (AI) et son projet de parc éolien d’Honegg. Paysage Libre Suisse se réjouit que le gouvernement des Rhodes-Extérieures reconnaisse l’importance de la protection du paysage et invite le canton voisin à se passer des grandes éoliennes industrielles.

Christof Sonderegger, (c) Appenzell.ch

La prise de position du Conseil d’Etat du canton d’Appenzell Rhodes-Extérieures indique que les zones de la région d’Appenzell où les conditions de vent sont les plus favorables entrent d’une manière générale en conflit avec la protection du paysage. Plus un site est exposé au vent, plus les éoliennes – qui atteignent 200 mètres de haut – sont visibles. Sans compter que même dans les endroits les plus venteux de Suisse orientale, le rendement ne dépasse guère 20%. Les dommages causés au paysage doivent donc être mis en balance avec les avantages de la production d’électricité renouvelable.

Le gouvernement de Rhodes-Extérieures en arrive à la conclusion que les éoliennes prévues dans la commune d’Oberegg AI (Honegg – Oberfeld) entreraient en conflit de façon disproportionnée avec la protection du paysage. Le canton d’AR parvient à cette conclusion après avoir réalisé une pesée d’intérêts transparente au niveau du plan directeur, comme l’a exigé le Tribunal fédéral en 2016 pour le parc éolien du Schwyberg (1C_346/2014).

En vertu de la loi fédérale sur l’aménagement du territoire, un projet tel qu’un parc éolien doit faire l’objet d’une évaluation complète des intérêts pour pouvoir être inscrit dans le plan directeur. Ce n’est qu’à ce moment-là que le changement d’affectation (zones spéciales éoliennes) et le permis de construire peuvent être demandés. La sécurité juridique est ainsi garantie, car la pesée d’intérêts n’est pas réalisée par un tribunal au terme d’années de litige, mais de manière transparente et dès le début par l’autorité de planification.

Enfin, le gouvernement de Rhodes-Extérieures note à juste titre qu’il existe un potentiel alternatif pour l’utilisation d’énergies renouvelables moins destructrices que l’énergie éolienne, notamment le photovoltaïque et la biomasse, qui ne sont pas suffisamment exploités.

Paysage Libre Suisse attend du canton d’Appenzell Rhodes-Intérieures qu’il renonce au plan directeur de l’énergie éolienne et, partant, au projet de parc éolien d’Honegg. Le canton voisin a déjà procédé à une pesée exemplaire des intérêts.

Communiqué de presse du Canton d’Appenzell: lien

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