Une majorité de communes suisses dit non aux éoliennes

« L’éolien bénéficie d’une large acceptation dans la population ». C’est du moins ce que la population entend dans les déclarations de nos autorités. La réalité est tout autre, comme le prouvent les chiffres que Paysage Libre Suisse vient de mettre en ligne. Durant les 10 dernières années, les citoyennes et citoyens se sont prononcés dans 55% des scrutins communaux de manière défavorable à l’éolien. Les données publiées montrent la faible acceptation de cette forme d’énergie dans la population, une tendance qui se renforce. Paysage Libre Suisse demande aux promoteurs et aux autorités politiques d’informer la population de manière correcte.

(c) Paysage Libre Suisse

(c) Paysage Libre Suisse

Le public est régulièrement confronté à des informations inexactes concernant l’attitude de la population face aux projets éoliens. Ces informations émanent des promoteurs et du lobby éolien, et fréquemment aussi des autorités. Pas plus tard qu’en octobre passé, la Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga affirmait dans son discours au Forum des 100 que sur les 24 projets de parcs éoliens soumis à la population locale, 19 auraient été acceptés. Largement relayé par les médias, le lobby éolien Suisse Eole affirmait lui aussi en 2020 que «sur les 22 votes qui ont eu lieu jusqu’ici, 19 ont obtenu des résultats positifs».

Ces affirmations ne résistent pas à l’analyse. Paysage Libre Suisse a répertorié les 51 votations communales et cantonales qui ont eu lieu sur la thématique éolienne depuis 2011. Ces votations portent tant sur des projets précis (par ex. Ste-Croix), que sur des moratoires éoliens (Canton du Jura) ou sur la planification directrice (Cantons de Neuchâtel & Glaris). Il en ressort une image toute différente de celle véhiculée par les autorités et les promoteurs de l’éolien.

  • Dans 55% des cas, les citoyennes et citoyens consultés dans les communes ont rejeté les objets portant sur l’éolien. Les objets éoliens n’ont été acceptés que dans 45% des cas.

A l’échelle des projets éoliens, qui touchent fréquemment plusieurs communes à la fois, la réalité diffère également des discours officiels. Ce sont 29 projets qui ont été identifiés et qui ont fait l’objet d’une votation entre 2011 et 2021.

  • 45% des projets (13 sur 29) ont été rejetés par la population. On est loin d’une acceptation de masse.

La méthodologie utilisée par le Département de Simonetta Sommaruga est surprenante. Alors qu’elles devraient informer de manière précise, nos autorités prennent des libertés avec la réalité dans le seul but de donner à l’éolien l’image d’une énergie qui bénéficierait d’une large acceptation dans la population.

Les chiffres montrent par ailleurs que la tendance au rejet s’est affirmée ces 3 dernières années (2019-2021), où, sur les 15 votations qui ont eu lieu, la population a rejeté à 12 reprises le dossier éolien qui lui était soumis, soit dans 80% des cas.

Paysage Libre Suisse appelle les autorités à regarder la réalité en face et à informer correctement la population sur une forme d’énergie qui ne bénéficie pas, au sein de la population, de l’acceptation nécessaire pour justifier une place dans la transition énergétique. Les alternatives existent, et font l’objet d’une large acceptation.

Vers les chiffres: ici.

Parc éolien controversé de Granges : une atteinte majeure au paysage pour une production dérisoire d’électricité

Le Tribunal fédéral a accepté à la majorité le projet de parc éolien de la Montagne de Granges SO, sur la première chaîne du Jura. À partir de 2023 le projet devrait couvrir 0,05% des besoins en électricité de la Suisse. Cette production négligeable ne contribue guère à garantir la sécurité d’approvisionnement de la Suisse. De nombreux autres projets sont programmés dans tout le pays. Paysage Libre Suisse met en garde contre les conséquences pour l’environnement, le paysage et la biodiversité de la construction de centaines d’éoliennes qui, dans le meilleur des cas, ne pourront couvrir qu’à peine 2% des besoins énergétiques de du pays.

 

(c) ProGrenchen

(c) ProGrenchen

Paysage Libre Suisse prend note du verdict. Même en biffant 2 des 6 éoliennes prévues par le promoteur, le TF a montré qu’il accorde plus d’importance à la couverture de 0,05% des besoins en électricité de la Suisse qu’au maintien de valeurs paysagères et biologiques de très grande valeur. Le parc éolien de la Montagne de Granges, sur la première chaîne du Jura, porte en effet atteinte à un site figurant à l’inventaire fédéral des paysages IFP et qui est de surcroît situé dans une zone de protection cantonale soleuroise. Il est par ailleurs néfaste pour de nombreuses espèces d’oiseaux protégés. Mise en balance avec les dommages attendus du projet, la production d’électricité est insignifiante.

L’intention de la Stratégie énergétique 2050 n’était pas de détruire nos paysages et notre biodiversité, mais de permettre une sortie du nucléaire compatible avec l’environnement et le climat. Or la loi sur l’énergie ne met pas en œuvre cet objectif et doit être adaptée afin de placer la protection de l’environnement au centre des préoccupations et de permettre une juste pesée des intérêts entre l’approvisionnement énergétique et la protection de la nature et du paysage.

Faibles en comparaison européenne, les ressources de vent en Suisse ne justifient pas le développement d’une filière éolienne. Comme l’énergie éolienne n’est par ailleurs pas disponible de manière prévisible et qu’elle n’offre pas de flexibilité de production dans le temps et en fonction des besoins, son apport à la sécurité de l’approvisionnement est dérisoire. L’énergie éolienne ne permet pas d’éviter les pénuries d’électricité ni les black-out. Le potentiel éolien est si faible en Suisse que les projets actuellement prévus peuvent être remplacés par l’énergie solaire. Le potentiel photovoltaïque est 50 fois supérieur au potentiel éolien.

Il est urgent de réviser la législation sur l’énergie éolienne

Les versions allemande et française de l’article 12 de la loi fédérale sur l’énergie ne sont pas identiques. La mauvaise traduction entraîne évidemment des erreurs d’interprétation. En parallèle, des questions se posent quant au régime de subventions nouvellement adopté. Alors qu’avec l’ancien système de rétribution à prix coûtant (RPC), les investisseurs recevaient jusqu’à 350% de la somme investie sur 15 ans, avec le nouveau règlement, ils recevront un paiement unique de 80%. Paysage Libre Suisse demande donc que la RPC soit remplacée par le nouveau système avec effet immédiat. L’association s’impliquera à cette fin dans la révision de la loi sur l’énergie.

 

(c) Robin Miller

(c) Robin Miller

La fédération Paysage Libre Suisse est d’avis que le seuil décidé par le Conseil fédéral pour définir l’intérêt national des nouvelles installations éoliennes est contraire à la loi. En 2017, le Conseil fédéral a précisé dans l’ordonnance sur l’énergie qu’un parc éolien revêt un intérêt national à partir d’une production annuelle de 20 GWh. Dans l’Infolettre 22 du 30 avril 2021, la faculté de droit de l’Université de Lausanne qualifie ce seuil de « curieux ». Le législateur avait explicitement formulé trois critères supplémentaires qui, outre la production annuelle, doivent être pris en compte pour déterminer le seuil de l’intérêt national. La loi et les rapports explicatifs qui l’accompagnent prévoient clairement que plusieurs critères (au pluriel) de l’article 12, paragraphe 5, doivent être remplis et pas seulement un seul.

Alors que l’art. 12 al. 5 de la loi sur l’énergie dans la version allemande indique clairement que pour déterminer l’intérêt national « des critères tels que la puissance ou la production ainsi que la flexibilité de production dans le temps et en fonction des besoins du marché » doivent être pris en compte, la version française stipule que « des critères tels que la puissance, la production ou la flexibilité de production… » doivent être pris en compte. Dans l’arrêt du Tribunal fédéral sur le parc éolien de Ste-Croix d’avril 2021, cette traduction erronée a conduit à des interprétations incorrectes.

Ce qui n’est pas une erreur d’interprétation, en revanche, c’est que l’ancien système de rétribution à l’injection pour les installations éoliennes et le système de rétribution unique récemment adopté sur la base de la motion Girod (19.443) diffèrent sensiblement. Alors qu’à l’heure actuelle, plus de 430 installations bénéficient encore d’un engagement positif au titre de la rétribution à l’injection et peuvent espérer obtenir jusqu’à 23 centimes par kWh produit pendant 15 ans, les 361 autres installations éoliennes figurant sur la liste d’attente ne recevront probablement qu’un versement unique représentant 80 % de l’investissement (60 % de versement de base et 20 % de bonus pour la production d’énergie en hiver). Cela entraîne une inégalité de traitement.

Les différences sont frappantes : selon la législation actuelle, une éolienne soutenue par la RPC a la garantie de recevoir une rétribution de 23 centimes par kWh pendant cinq ans, puis 23 ou 13 centimes pendant dix ans. Pour une production annuelle moyenne d’une éolienne se situant autour de 5 GWh, cela représente entre 12,25 et 17,25 millions de francs. Or, cette éolienne coûte en moyenne entre 6 et 8 millions de francs suisses. Cela signifie que l’exploitant d’une éolienne peut dans tous les cas encaisser un bénéfice compris entre 100 et 250 % ! Avec la rétribution unique, le consommateur ne paie que 5 à 7 millions de francs suisses pour la même quantité d’électricité.

La rétribution à prix coûtant ne mérite pas son nom et déclenche dans les faits une vague de bénéfices. Dans le cadre de la révision de la loi sur l’énergie, Paysage Libre Suisse s’engage pour le remplacement immédiat du système de la rétribution à prix coûtant par des paiements uniques. Cela permettrait aux consommateurs et à la Confédération d’économiser pas moins de 7,2 milliards de francs sur les 800 éoliennes prévues.

Crash de l’énergie éolienne dans le canton de Fribourg

En l’espace de quatre jours, deux votes ont eu lieu dans le canton de Fribourg sur des projets éoliens. Les communes concernées par les projets de Vuisternens, du Gibloux et de La Sonnaz ont clairement dit non à hauteur de 99% et 89%. L’énergie éolienne en Suisse a donc subi un sérieux revers. Pas moins de 5% des installations et des projets prévus en Suisse ont ainsi essuyé un refus en quelques jours. L’énergie éolienne ne joue plus qu’un rôle mineur dans la stratégie énergétique 2050. La révision en cours de la loi sur l’énergie doit tenir compte de ces nouvelles conditions-cadres.

Vuisternens depuis Bouloz (FR) (c) Paysage Libre Suisse

Certains projets pourraient encore être partiellement réalisés car ils s’étalent en partie sur des communes qui ne se sont pas encore prononcées. Au vu des signaux clairs qui ont été donnés, il ne fait cependant guère de doute que les électeurs des communes voisines se montreront également critiques et que les projets devront affronter des vents contraires.

Le vote négatif de 89% de lundi soir est un verdict clair : 366 électeurs de la commune de Vuisternens-devant-Romont ont voté non à la création de zones d’énergie éolienne, seuls 44 y étaient favorables. A La Sonnaz, 99,2% de la population a rejeté le projet éolien touchant la commune (265 contre 2).

La population a rejeté les éoliennes largement en raison de la très grande proximité des habitations. La densité de la population dans le canton de Fribourg ne permet que des sites qui seraient construits jusqu’à 300m des habitations. Les turbines prévues atteindraient une hauteur de 230 mètres. Les émissions sonores, les projections d’ombres mobiles et les impacts visuels seraient massifs. Des milliers de riverains devraient compter avec une perte de valeur de leurs propriétés et une détérioration significative de leur qualité de vie. En outre, le paysage campagnard unique du canton de Fribourg et l’avifaune seraient touchés. La moitié des turbines est prévue au milieu de la forêt et la zone à défricher couvrirait plusieurs terrains de football.

Ce rejet démocratique a des implications pour la politique énergétique nationale. En Suisse, près de 40 projets de parcs éoliens sont prévus, une douzaine en Suisse alémanique et deux douzaines en Suisse romande. Avec l’échec de ces projets, pas moins de 5% des éoliennes prévues en Suisse passeraient à la trappe. Nuisible à l’environnement, l’énergie éolienne jouera un rôle mineur dans la Stratégie énergétique 2050. La production annuelle d’électricité de 4,3 TWh proposée par la Confédération en 2016 est hors d’atteinte. Actuellement, elle est légèrement supérieure à 0,1 TWh/a.

Paysage Libre Suisse participera au processus parlementaire de révision de la loi sur l’énergie et demandera qu’aucune éolienne ne soit construite dans les forêts de Suisse afin de protéger la nature et le climat. En outre, il doit être précisé dans la loi sur l’énergie que les installations de production d’énergie renouvelable sont d’intérêt national seulement si elles produisent de l’énergie en ruban, peuvent être sollicitées de manière flexible ou produisent une énergie qui peut être stockée localement. Cela permettra de corriger l’erreur de jugement du Tribunal fédéral dans l’affaire Ste-Croix VD. La loi sur l’énergie doit promouvoir les énergies renouvelables qui peuvent apporter une contribution réaliste et sûre à l’approvisionnement électrique de la Suisse. Il s’agit notamment de l’énergie hydroélectrique et de l’énergie solaire, qui présentent un grand potentiel.

Deux parcs éoliens en moins en Suisse

Après le parc éolien de Murzelen près de la ville de Berne, le site éolien prévu à Muttenz près de la ville de Bâle a également été enterré hier. La Suisse alémanique compte désormais deux parcs éoliens en moins. L’énergie éolienne joue donc un rôle de plus en plus réduit dans la stratégie énergétique 2050.

(c) Paysage Libre Suisse

Dans le village de Murzelen, qui appartient à la commune de Wohlen près de Berne, quatre éoliennes d’une hauteur de 240 mètres étaient prévues. Il y a quelques semaines, le conseil communal a décidé de ne pas soumettre à la conférence régionale une demande d’inclusion dans le plan directeur.

La résistance de la population semble avoir été trop forte après que Paysage Libre Suisse a publié une vidéo 3D du projet de parc éolien sur www.parcs-eoliens.ch. Les quatre turbines prévues auraient été situées directement devant le village de Murzelen et auraient causé des désavantages considérables tant au niveau du paysage, du bruit que de des ombres portées.

Comme le montrent des études réalisées en Allemagne, les propriétés situées à une telle distance des éoliennes prévues perdent environ 7% de leur valeur. Il n’y aura donc pas de parc éolien près de la ville de Berne dans les prochaines années. À l’est de la capitale, le site du parc éolien de Vechigen a également été suspendu il y a quelques années.

Près de la ville de Bâle, un autre site éolien a été victime des réticences justifiées de la population hier : la centrale éolienne de Muttenz. L’assemblée municipale (législatif) a rejeté le projet de construction à 55%. Intermittence du vent, bruit, faible rentabilité : la population s’est montrée très critique lors de l’assemblée. En outre, il serait possible de produire la quantité d’électricité prévue par le développeur du projet en utilisant l’énergie solaire, ce qui ne poserait aucun problème en termes de bruit ou de protection du paysage. L’agglomération bâloise compte suffisamment de toitures pour développer le photovoltaïque sans les nuisances de l’éolien. C’est dans ce sens que s’est exprimée la majorité de l’assemblée municipale.

L’énergie éolienne s’essouffle progressivement de l’autre côté du Röstigraben. La Suisse alémanique compte désormais moins de douze sites où un projet est activement planifié. Plus de 14 parcs éoliens ont été refusés ou suspendus en Suisse au cours des cinq dernières années, dont douze en Suisse alémanique. En Suisse romande, il reste actuellement une quinzaine de sites avec des projets en phase de planification avancée, et deux autres ont été abandonnés au cours des trois dernières années.

Les politiciens doivent en prendre conscience : plus les ambitions éoliennes du gouvernement s’éternisent, plus l’acceptation de cette énergie au sein de la population s’amenuise. L’énergie solaire a un potentiel 50 fois supérieur à celui de l’énergie éolienne, et sept fois supérieur en hiver. Et avec un autre avantage : une large acceptation de la part de la population.

Vous trouvez une vue d’ensemble de l’éolien en Suisse sur le site www.parcs-eoliens.ch.

Le Tribunal fédéral n’est pas au-dessus des lois de la physique

Dans son arrêt concernant le parc éolien de Sainte-Croix (VD), le Tribunal fédéral juge que les installations éoliennes peuvent produire de l’électricité de manière flexible et en fonction des besoins du marché. L’énergie éolienne revêtirait un intérêt national devant lequel doivent s’effacer la conservation de la nature et la protection du paysage. C’est sur cette base que le Tribunal fédéral a rejeté les recours contre le parc éolien. Cette affirmation est toutefois erronée : en effet, les éoliennes ne produisent de l’électricité que lorsque le vent souffle et sont ainsi dénuées de toute flexibilité.

(c) Tribunal fédéral

Dans son arrêt publié le 21 avril, le Tribunal fédéral écrit mot pour mot que « Les installations de production d’énergie éolienne offrent la flexibilité de production dans le temps et en fonction des besoins du marché (art. 15 al. 5 in fine LEne) et contribuent de manière significative à la sécurité de l’approvisionnement, en particulier en hiver où la consommation est la plus élevée, en permettant de charger ou de décharger le réseau selon les besoins ».

Non seulement la citation de la loi sur l’énergie est erronée (l’article 15 ne traite pas de ce sujet et il ne compte pas 5 alinéas) mais, plus préoccupant encore, l’affirmation du Tribunal fédéral contredit toutes les lois de la physique : en effet, les éoliennes ne produisent de l’électricité que lorsque le vent souffle, contrairement aux centrales à accumulation par pompage qui peuvent stocker et produire de l’électricité sur simple pression d’un bouton. Les sources citées par la Haute cour ne permettent pas d’étayer ses affirmations. Affirmer par ailleurs, comme le fait le TF, que les éoliennes permettent de « décharger le réseau » ne résiste pas à l’analyse.

En raison de sa production d’électricité intermittente, l’énergie éolienne contribue très peu à la sécurité de l’approvisionnement. Une capacité d’appoint doit être disponible 100% à tout moment pour suppléer aux absences de vent. Même d’octobre à mars, lorsque l’énergie éolienne produit 58 % de la production de l’année, on observe des phases de plusieurs jours sans vent.

C’est donc sur la base d’une affirmation contredite par la réalité que le Tribunal fédéral a conclu que le projet de parc éolien de Sainte-Croix revêtait un intérêt national derrière lequel deux autres intérêts pourtant eux aussi de portée nationale – la conservation de la nature et la protection du paysage – doivent s’effacer. La fédération Paysage Libre Suisse insistera sur ce point dans les autres procédures en cours devant le TF.

Si de petits projets tels que le parc éolien de Sainte-Croix, qui représente moins d’un demi pour mille (0.03%) de la consommation suisse, venaient à être considérés comme étant d’intérêt national, la protection du paysage serait gravement affaiblie et la porte largement ouverte à de telles installations énergétiques, même lorsqu’une pondération globale des intérêts s’y opposerait. En d’autres termes, la balance des intérêts ne se ferait plus équitablement puisque les installations éoliennes seraient systématiquement privilégiées aux dépens des autres intérêts nationaux.

Paysage Libre Suisse regrette cette attitude indifférenciée de la plus haute juridiction suisse, qui ne correspond ni aux lois de la physique ni à la tradition de la Suisse en tant que pionnière en matière de protection de la nature et du paysage.

Compte tenu du fait que la Suisse est déjà très densément urbanisée, le développement de l’énergie solaire (thermique et photovoltaïque) s’impose. Cette dernière présente un potentiel d’électricité hivernale 7 fois supérieur à celui de l’énergie éolienne, peut être stockée et approvisionne notre pays en chaleur et en électricité en toute sécurité. Le tournant énergétique ne doit pas détruire ce que la loi protège : la biodiversité et le paysage.

Vers l’arrêt du TF: lien.
Vers le communiqué du TF: lien.

Les éoliennes s’imposent dans le paysage politique fribourgeois

Les éoliennes se sont invitées dans les élections communales fribourgeoises du 7 mars 2021. L’affaire des conventions secrètes du promoteur Groupe E avec différentes communes ont grandement contribué à médiatiser les ambitions éoliennes du Canton, à savoir la construction prévue de 7 parcs éoliens à côté des localités. Une vidéo exclusive montre l’impact paysager du parc de La Sonnaz, situé aux portes de la ville de Fribourg.

(c) Paysage Libre Suisse

(c) Paysage Libre Suisse

 La capitale cantonale fribourgeoise verra tourner les hélices de la centrale éolienne industrielle de La Sonnaz, comme le montre une vidéo publiée par Paysage Libre Suisse. Les 8 éoliennes géantes de 200 mètres en bout de pales prévues par Groupe E ont déjà levé un vent de contestation dans les communes concernées, Courtepin, La Sonnaz ou encore Belfaux, où une association s’est créée pour lutter contre un projet qui n’a rien à voir avec l’écologie prônée par la transition énergétique : les milliers de tonnes de béton et de ferraille coulés à tout jamais dans le sol, les forêts rasées et les atteintes à la biodiversité ne se justifient pas par la production électrique prévue, faible et aléatoire.

Révélées par des personnalités politiques du Canton, les conventions secrètes de Groupe E avec différentes communes ont suscité une réaction massive de la population, qui peinent à comprendre pourquoi l’essor des énergies renouvelables passe par des démarches aussi peu démocratiques. En publiant ce photomontage dynamique, Paysage Libre Suisse tient à informer la population sur la réalité d’une centrale éolienne dont les conséquences sont soigneusement passées sous silence par le promoteur, mais qui va fortement toucher toute la région comprise entre Fribourg, Payerne et Morat.

« Avec ce projet d’éoliennes situées en plaine, à proximité immédiate d’habitations et dans des zones de détente, on doit constater que les intérêts économiques ont pris le pas sur ceux de la population », déclare Antoinette de Weck, députée PLR, membre du comité de Paysage Libre Suisse.

La vidéo est disponible ici : https://youtu.be/m6141otgu8s

Les vidéos dynamiques de Paysage Libre Suisse

Composé de survols virtuels 3D et de photomontages dynamiques, les visualisations de Paysage Libre Suisse sont réalisées au moyen d’un logiciel spécialement conçu pour exploiter les géodonnées 3D de Swisstopo. L’ensemble des indications des plans directeurs, sont scrupuleusement pris en compte. Les emplacements et l’altitude au sol de chaque machine ainsi que le choix du modèle d’éolienne correspondent aux données des promoteurs. La taille des rotors, les ombres portées, les balises nocturnes, l’emprise sur le paysage sont fidèles à ce qui attend les habitants de la région concernée.

25 vidéos ont déjà été réalisées, qui sont disponibles sur le site: www.parcs-eoliens.ch

 

Une nouvelle étude vient bousculer les connaissances sur les infrasons émis par les éoliennes

Les riverains de parcs éoliens en France et en Allemagne sont nombreux à faire état de problèmes de santé parfois graves : maux de tête, acouphènes, troubles du sommeil, vertiges, nausées, sentiments d’oppression dans l’abdomen, ou encore états dépressifs. Ils attribuent l’origine de leur mal aux infrasons, ces sons de basse fréquence inaudibles par l’oreille humaine. Les promoteurs éoliens, quant à eux, nient l’influence que peuvent avoir les infrasons d’origine éolienne sur la santé humaine. Une nouvelle étude commandée par Paysage Libre Suisse apporte des éléments inédits au débat et prouve que la Confédération doit urgemment prendre le problème en main.

Infrasons (c) Pixabay

Dans sa réponse à l’interpellation du Conseiller national Jean-Pierre Grin (13.3113), le Conseil fédéral estimait que les émissions d’infrasons des installations d’énergie éolienne se situent en dessous du seuil d’audition ou de perception et n’ont ainsi pas d’effets sur la santé. Il avait toutefois précisé qu’il suivait de près la recherche sur les effets du bruit dans ce domaine et qu’en cas de nouveaux développements, il proposerait des mesures appropriées pour protéger la population des nuisances sonores.

Une nouvelle étude publiée par Paysage Libre Suisse montre que le problème des infrasons n’a pas été correctement analysé jusqu’à présent, et que la Confédération doit reprendre ce dossier en main dans les plus brefs délais. Paysage Libre Suisse a transmis ses conclusions aux autorités fédérales, auxquelles il est demandé d’agir très rapidement pour protéger la population suisse, étant donné le grand nombre de projets éoliens qui pourraient être construits dans les deux à cinq prochaines années, soit près de 12 parcs, pour un total d’environ 120 machines.

Qu’est-ce qui est nouveau ? Jusqu’à présent, la grande majorité des études sur l’impact sanitaire des infrasons émis par les éoliennes ne considèrent que les émissions mesurées dans l’air. Or c’est dans le sol que se situe le problème : des mesures effectuées dans le voisinage de plusieurs parcs éoliens montrent que des intensités d’ondes de vibrations importantes dans les sols se propagent loin des machines, parfois à plusieurs kilomètres. Convertis en décibels sonores acoustiques, les niveaux d’intensité sont très élevés dans le voisinage de certains parcs. À ces niveaux de vibrations s’ajoutent des effets de résonance dans les bâtiments, qui peuvent multiplier la vibration externe par 10 voire 20 selon le bâtiment. Cette résonance dite de Helmholtz explique pourquoi certains habitants sont plus touchés que d’autres.

La nature du sous-sol est déterminante : les niveaux sonores sont les plus élevés dans des régions de sous-sol dur, notamment le calcaire. Or, la plupart des parcs éoliens suisses dont la construction pourrait intervenir dans les prochaines années se situent dans l’Arc jurassien, sur un sol en calcaire.

Paysage Libre Suisse demande à la Confédération d’agir rapidement pour que la nature du sous-sol soit soigneusement prise en compte dans les procédures de permis de construire. Il est aussi demandé aux autorités judiciaires d’appliquer de façon stricte le principe de précaution, afin de protéger les riverains de conséquences sanitaires graves. Un moratoire sur la construction de nouveaux parcs éoliens est nécessaire aussi longtemps que les mesures adéquates ne sont pas définies par voie d’ordonnance.

Lire l’étude: lien

La Commune de Sonvilier refuse les éoliennes et donne un signal à la Suisse entière

Les habitants de Sonvilier ont donné un signal à la Suisse entière : en refusant le projet de parc éolien des « Quatre Bornes », la commune du Jura bernois montre que la population suisse ne veut plus de ces machines géantes qui détruisent leur cadre de vie tout en engloutissant des subventions à haute dose. Paysage Libre Suisse demande aux autorités fédérales de revoir la stratégie énergétique 2050 et d’élaborer un plan de sortie de l’éolien.

Les dix machines allant jusqu’à 207 mètres de haut prévues à côté du Chasseral ne se feront pas. Ainsi en a décidé la population de Sonvilier qui a montré qu’elle ne comptait pas succomber aux arguments émotionnels des défenseurs du projet, qui promettaient ni plus ni moins l’autonomie énergétique, le sauvetage du climat, l’amélioration du paysage et de la biodiversité. Déjà en difficulté partout en Suisse, l’éolien est aujourd’hui frappé de plein fouet.

Le verdict de Sonvilier constitue aussi un coup dur pour le promoteur Groupe E Greenwatt, à la tête de plusieurs projets éoliens en Suisse, qui sont tous dans une situation critique. Depuis des années, des sommes gigantesques sont englouties en pure perte dans des études d’impact sans lendemain, où on essaie de faire croire aux autorités et à la population que l’installation de ces géants se fait sans nuisance et dans le respect des réglementations.

« Jusqu’à présent, surtout la Suisse alémanique s’opposait aux centrales éoliennes. Désormais, c’est au tour de la Suisse romande de ne trouver aucune raison valable de construire ces machines », estime Elias Meier, président de Paysage Libre Suisse. Entre les colossales subventions aux promoteurs, les dégâts au paysage et à la biodiversité et les nuisances infligées aux riverains, le diagnostic est clair : la sortie du nucléaire devra se passer des hélices.

Paysage Libre Suisse demande aux autorités fédérales de revoir l’objectif de production de 4 térawattheures annuels, soit les quelque 1’000 éoliennes nécessaires selon la stratégie énergétique. Les alternatives sont là, elles s’appellent photovoltaïque, et biomasse, en plus du pilier traditionnel de la production électrique suisse que constitue l’hydraulique. Le photovoltaïque peut être installé rapidement, il est bien meilleur marché, ne suscite pas d’opposition, il est stockable sur place et en plus il fait vivre les entreprises locales. « L’éolien est une idée éculée des années 1990 ; vu les nuisances croissantes qu’imposent ces machines toujours plus grandes, il faut raisonnablement tourner la page et opter pour une solution plus écologique », explique Michel Fior, secrétaire général.

De récentes études confirment qu’une sortie du nucléaire est tout à fait possible sans éolienne. Paysage Libre Suisse lance un appel à une transition énergétique respectueuse des gens, de l’environnement et de l’économie, comme la constitution suisse l’exige.

 

Subventionner l’énergie éolienne nuit gravement à la biodiversité

Dans une étude détaillée de 216 pages intitulée « Subventions dommageables à la biodiversité en Suisse », l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL) et le Forum Biodiversité Suisse de l’Académie des sciences SCNAT utilisent des termes clairs en ce qui concerne l’énergie éolienne : « Les éoliennes ont un impact négatif sur la biodiversité ».

(c) Pixabay

Ce faisant, ils confirment ce que Paysage Libre Suisse PLCH affirme depuis des années : « La construction de centrales éoliennes nécessite des infrastructures importantes et les nouvelles voies d’accès adaptées aux poids lourds restent en place même après l’installation. Elles aboutissent à une fragmentation de l’écosystème et leur utilisation après la construction contribue à perturber l’écosystème (…). Les éoliennes et les turbulences de l’air créées pendant leur fonctionnement provoquent des collisions avec les oiseaux. Selon l’emplacement des centrales, cela peut avoir de graves conséquences pour les espèces. Les chauves-souris sont également touchées ».

Pour les grandes compagnies d’électricité, les parcs éoliens prévus sont généralement des projets « verts » par souci de prestige et pour le marketing. Mais le fait que les éoliennes soient écologiques est un label plus que jamais frauduleux, estime Paysage Libre Suisse sur la base de ces nouveaux résultats.

Les solutions proposées dans l’étude du WSL ne sont toutefois que partiellement convaincantes : loin de demander la suppression totale des subventions aux éoliennes, l’étude demande qu’elles soient réduites de moitié et que l’argent ainsi libéré soit investi dans la promotion d’autres énergies renouvelables. Pour les deux organisations, une plus grande importance doit être accordée à la biodiversité dans les conditions d’octroi des subventions.

L’étude du WSL repose sur la capacité d’expansion éolienne prévue en 2016. Mais entre-temps, Suisse-Energie et Suisse Eole se sont fixé pour objectif de plus que doubler la production d’énergie éolienne (de 4’300 à 9’000 GWh). Dans notre pays caractérisé par de faibles ressources en vent, cette expansion ne pourrait être réalisée qu’avec quelque 2’500 éoliennes de plus de 200 m de haut chacune, et qui nécessiteraient des subventions annuelles d’environ 1,5 milliard – et ce pendant 15 à 20 ans.

La biodiversité n’est pas la seule à payer les frais de la politique éolienne. Dans la même mesure, le paysage, la santé des riverains de parcs éoliens et l’économie nationale seraient également affectés. Si nous mettons en balance le potentiel total de dommages de l’énergie éolienne et son faible potentiel de production, il devient évident que notre pays devrait payer un prix disproportionné.

Paysage Libre Suisse demande donc que les sommes prévues pour l’énergie éolienne soient investies dans des énergies renouvelables sans effets négatifs sur la biodiversité, le paysage, la santé et l’économie nationale.

Vers l’étude (factsheet en français): Lien